Depuis plusieurs années, la médecine du travail est devenue santé au travail.
Parallèlement, la pluridisciplinarité se met en œuvre. C’est au départ une idée européenne, née au travers d’une directive cadre (12 juin 1989), transposée et traduite en droit français en 2002.
A partir de 2004, l’obligation d’avoir recours à la pluridisciplinarité est clairement inscrite dans la loi avec recours à des intervenants en prévention des risques professionnels.
La pénurie de médecins du travail fait de la mise en œuvre de la pluridisciplinarité une question actuelle très vive dans tous les services.
Les traductions concrètes sont très différentes d’un service à l’autre.
On constate :
- des démarrages à la mise en place étalés dans le temps,
- des ressources diverses dans les services en terme de choix,
- des enjeux différents d’un service à l’autre :
- soit du fait de la pénurie de médecins du travail, des pluridisciplinaires ont été recrutés pour faire face à certaines missions,
- soit les modalités de coopération ont été définies entre les différents métiers, pour répondre à l’obligation de faire face aux questions émergentes de pathologie professionnelle (CMR, TMS, risques psychosociaux…).
Tous ces nouveaux acteurs s’inscrivent dans une action individuelle ou dans des structures spécifiques. Il sont tantôt en permanence dans les entreprises, tantôt de passage, effectuant de courtes missions (consultants).
Ces acteurs peuvent être reconnus par la législation ou être en recherche de statut.
Quel degré d’indépendance ont ou auront ces nouveaux acteurs ?
L’enjeu est la mobilisation intense d’un grand nombre d’acteurs à la recherche de « comment assurer des missions de plus en plus complexes avec des acteurs judiciaires de plus en plus présents » (notamment des associations de victimes), dans de nouvelles formes d’organisation interne des services où se posent les problèmes de collaboration, de délégation, de transferts d’activité.
L’objectif est la mobilisation autour d’un risque, du médecin du travail (fil rouge) et d’acteurs extérieurs, notamment les assistantes des services sociaux (qui contribuent à la fois à la gestion de situations individuelles et collaborent à l’élaboration de projets collectifs), les secrétaires assistances (qui peuvent évoluer vers de nouvelles compétences), et les infirmières (dont les habitudes de travailler avec les médecins sont anciennes).
On assiste à une co-construction lente qui doit respecter la dignité des différents acteurs. Le changement est une opportunité de re-création en ce qui concerne la nature de la relation professionnelle et la gouvernance clinique des services.
Si l’irruption des sciences humaines et sociales est une réalité, il ne faut pas de processus d’enfermement empêchant de voir la réalité du terrain. Et surtout, attention à la perte d’autonomie.
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