Addiction au travail : une pathologie méconnue

K. LIOT, L. KARILA, M. REYNAUD La Revue du Praticien, Médecine Générale. - 2008. - Tome 22. - N° 794. - Pages 70-71. - Bibliographie
Le concept de workaholism (addiction au travail) ne fait l’objet d’aucun consensus et n’appartient à aucune classification des maladies mentales. La caractéristique principale du workaholic est qu’il est hautement engagé dans son travail qu’il y consacre une grande partie de son temps. Le workaholism s’exprime de diverses manières et il existe des typologies susceptibles de décrire l’ensemble des aspects cliniques de cette pathologie. La plus utilisée est celle de ROBINSON qui se base sur la quantité de travail achevée en fonction de la quantité de travail initiée et qui permet de décrire 4 types différents : le workaholic infatigable, le workaholic boulimique, le workaholic avec déficit de l’attention et le workaholic gourmet. Afin de détecter ce workaholism, il existe différents outils dont le Work Addiction Risk Test (WART) de ROBINSON, autoquestionaire à 25 items qui permet de définir trois niveaux de risque : faible entre 25 et 56, moyen entre 57 et 66 et élevé entre 67 et 100. Le stress professionnel est significativement associé au workaholism. S’il n’existe pas d’association entre workaholism et pathologies organiques, cette addiction semble pouvoir provoquer des allergies, des ulcères, des reflux gastriques, des migraines et un surpoids. Le workaholism est responsable de conflits conjugaux et crée des dysfonctionnements majeurs dans les familles et les enfants des workaholics ont des niveaux d’anxiété et de dépression plus importants que ceux des non-workaholics. Les workaholics nuisent aux entreprises car ils sont incapables de déléguer ou de s’insérer correctement dans une équipe. Mais le workaholism est un phénomène réversible. Les approches thérapeutiques comportent des techniques de gestion du stress, un programme cognitivo-comportemental, des thérapies familiales et des réunions hebdomadaires basées sur le modèle des groupes d’anciens buveurs.
(publié le 3 décembre 2008)