Une enquête réalisée en 2007 en Ile-de-France révèle
que 53 % des médecins libéraux se déclarent
menacés par le burn out. Le profil du patricien à
risque est un célibataire, âgé de 45 à 50 ans, exerçant
en secteur I, qui réalise plus de 6 000 actes
par an et pratique de nombreuses visites. Parallèlement,
une étude menée en 2003-2004 dans
26 départements auprès de 44 000 médecins en
activité, aboutit à un taux de suicide représentant
14 % des décès, contre 5,4 % dans la population
d’âge comparable (de 30 à 65 ans). Les
facteurs de risque sont une suractivité ou plutôt
un sur investissement au détriment de l’épanouissement
personnel, la pression des caisses, une
clientèle mal éduquée (réclamant par simple caprice
personnel des amplitudes horaires disproportionnées),
une incapacité à dire non (en lien
avec un manque d’estime de soi), une société
exigeante (qui remet en cause sans cesse le médecin
ou l’hôpital), le décès des malades (qui
culpabilise le médecin). Les signes d’alerte sont
la perte du plaisir à exercer son métier, un changement
de caractère, un isolement accentué, la
perte du respect de soi, l’incapacité à résister à
la pression des patients, l’incapacité à mener ses
consultations, la décompensation de certaines
névroses sous-jacentes, la difficulté à se protéger
du décès de ses malades. Les moyens de prévention
à mettre en place doivent venir de la part
des pouvoirs publics (arrêter de faire des médecins
les boucs émissaires des déficits de la sécurité
sociale), de la formation (enseigner ce fameux
burn out aux futurs médecins), du Conseil
de l’Ordre (nécessité d’informer les médecins du
risque que représente le métier), du médecin lui même
: apprendre à dire non sans se sentir coupable,
ne pas materner sa clientèle, aménager
des plages de temps personnel, réévaluer ses
connaissances médicales (afin de ne pas se sentir incompétent), valoriser son exercice, rester
confraternel avec ses collègues, avoir une vie
personnelle épanouie, ne pas exercer de manière
isolée, participer à des groupes de pairs. Pourquoi
finalement interrogent les auteurs, ne pas
avoir un médecin du travail qui serait chargé de
voir deux fois par an les médecins libéraux ?
Des confrères à la retraite pourraient jouer le
rôle d’aînés bienveillants et intervenir à la demande
du Conseil de l’Ordre.
(publié le 11 décembre 2008)
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