Cancers professionnels, l’estimation de leur nombre reste à faire

M. GOLDBERG, R. IMBERNON Le Concours Médical. - 2008. - Tome 130. - N° 2. - Pages 50-52. - Bibliographie

L’approche utilisée par le CIRC pour déterminer le nombre de cancers attribuables à telle ou telle exposition, utilise deux informations : le risque relatif attaché à l’exposition à la nuisance considérée et la prévalence de l’exposition dans l’ensemble de la population. Le nombre de cas attribuable en découle, en appliquant la fraction attribuable au nombre total de cas incidents (ou des décès) dans l’ensemble de la population.

Cette méthode présente des limites liées à la qualité et à la validité des données disponibles.

Les auteurs regrettent que seuls les niveaux d’exposition à l’amiante moyens ou élevés aient été retenus, ce qui finalement aboutit à une estimation basse du nombre total de cancers attribuables à une exposition professionnelle. Les auteurs regrettent aussi qu’en ce qui concerne les cancers naso-sinusiens, n’aient été retenue comme prévalence, que le nombre de cancers indemnisés au titre des maladies professionnelles quand on sait qu’il existe une importante sousdéclaration et que l’indemnisation ne concerne que le régime général de Sécurité sociale, qui ne représente que 80 % des travailleurs, et n’inclut pas les artisans, alors même que la fréquence de l’exposition est particulièrement élevée parmi eux. Ils regrettent également que ni les données d’exposition vie entière aux poussières de bois (transmises par l’InVS), ni les estimations de risque relatif pour la France (qui ont été publiées) n’aient pas été utilisées pour calculer la fraction attribuable. Il paraît aux auteurs qu’il eût été plus juste de donner des fourchettes basses et hautes d’estimation.

(publié le 3 décembre 2008)