Coiffeurs d’hier et d’aujourd’hui

Coiffeurs d’hier et d’aujourd’hui, l’historique

La chevelure est riche d’une longue histoire : des torsades blondes des vénus antiques au style iroquois des punks...
Au delà de l’Europe occidentale, les soins capillaires sont pratiqués dans le monde arabe, l’Espagne, la Perse, l’Extrême Orient, l’Afrique...

La coiffure est un art qui relève d’un ensemble de techniques manuelles : c’est un métier artisanal.
Les coiffeurs ont dû cependant s’habituer à des outillages de plus en plus sophistiqués et s’initier aux découvertes récentes de la chimie afin d’exécuter colorations, permanentes et divers traitements des cheveux et du cuir chevelu. Il a fallu y ajouter la technologie et la cosmétologie des soins des mains et de certains soins du visage (épilation des sourcils par exemple).

Les hommes de l’âge de pierre ne pouvaient faire autrement que de porter la barbe, ne disposant d’aucun outil pour se raser mais des peintures rupestres nous apprennent que depuis plus de 25 000 ans, les hommes se coupent les cheveux ou se rasent la barbe à l’aide de pierres aiguisées ou de coquilles de moules.

Depuis la plus haute antiquité, alors que brillaient les civilisations de Mésopotamie, d’Assyrie ou d’Egypte, les métiers de la coiffure existaient.
Chez les anciens Egyptiens la mode était à la barbe et à la moustache ; en signe de pouvoir les rois portaient de longues barbes teintées en bleu qui exigeaient un soin particulier imposant l’usage des rasoirs en lame de bronze ou de cuivre.

Les Grecs, quant à eux, abandonnèrent très tôt le port de la barbe : Plutarque rapporte qu’Alexandre fit raser ses soldats de peur que leurs ennemis ne les saisissent par la barbe lors des combats corps à corps.

Les Romains commencèrent à se couper la barbe vers le quatrième siècle avant Jésus Christ, la mode étant au visage glabre.

Les Grecs avaient leur « xoupeuc », les Romains leur « tonsor », dont la boutique était le rendez-vous des oisifs, des conteurs de nouvelles, des gobe-mouches, des bavards de tous ordres où chaque homme libre venait le matin rafraîchir sa toilette.
On y coupait les cheveux sans ciseaux, (instruments alors inconnus), mais à l’aide de deux rasoirs qu’on faisait jouer en les opposant l’un à l’autre.
Théophraste, Plutarque et Martial, les poètes comiques grecs et latins parlent fréquemment de ces boutiques de tonsors.

Toute trace d’organisation de ces métiers se perd pendant le haut Moyen-Age ; on n’ a vu réapparaître leur corporation qu’au début du 12e siècle. L’ancien métier de barbier-chirurgien remonte au Moyen-Âge, à une époque où la chirurgie a été condamnée par l’Eglise. En 1163, lors du Concile de Tours, l’Eglise décrète : « ecclesia abhorret a sanguine  » (l’Eglise hait le sang). De ce fait, les médecins, la plupart membres du clergé à l’époque, ne pouvaient plus exercer la chirurgie.
En 1215, le 4e Concile du Latran alla plus loin et interdit explicitement aux prêtres d’exercer la chirurgie. Cette interdiction de la pratique de la chirurgie par les médecins conduisit des professions comme les « arracheurs de dents », les marchands forains ou les barbiers à réaliser des interventions de petite chirurgie jusqu’en 1301.

L’évolution du métier de coiffeur débute avec le métier de « baigneur ».
Le baigneur dispose toujours d’un bain au niveau de ses installations ; il n’est pas seulement coiffeur mais aussi dentiste et chirurgien.
Il pose également des bandages, soigne les ongles incarnés et les cors aux pieds.
Dans son échoppe, on peut se procurer des savons, des parfums et des huiles et y sont proposées des mises en pli et des permanentes.
A cette époque le coiffeur s’occupe non seulement du soin des cheveux mais aussi des fractures, des blessures diverses, des maladies de la peau, des ulcères.
Légitimé à faire des interventions médicales, le barbier est alors une personne très respectable et considérée. Au 13e siècle le métier de baigneur est scindé en baigneur et barbier.
En effet, si le coiffeur n’était l’alter ego ni du barbier ni du perruquier, il en était souvent le cousin.

Au 16e siècle, le blond vénitien fait fureur dans l’Europe de la Renaissance et les chevelures dorées sont chantées par bien des poètes célèbres qui instaurent un idéal de beauté féminine. Dans son ouvrage « Glio Ornamenti Delle », Marinello révèle des « recettes de l’art de blondir » :
« Cueillez des lupins et faites-les macérer dans du salpêtre dans une eau très chaude, frottez-vous ensuite les cheveux avec cet électuaire, peignez-les, en imbibant, ils deviendront très blonds ».
La dérive la plus critiquée de la fin de l’Ancien Régime a été l’emploi à outrance de la poudre d’amidon pour blanchir les chevelures masculines, alors que les récoltes de blé étaient mauvaises et que la disette menaçait.
Pour arriver à ses fins, le perruquier plaçait le visage du client dans un cornet, mais une partie de l’immense quantité de poudre s’envolait, couvrant le visage de l’opérateur, avec le risque de la voir pénétrer dans ses voies respiratoires.

Sous l’Ancien Régime le terme de barbier renvoie à trois métiers différents : le barbier, le barbier-perruquier, ancêtres des coiffeurs actuels et le chirurgien barbier en charge de la petite chirurgie, rasant, saignant, purgeant et soignant les petits maux quotidiens. A partir de1656, les premiers coiffeurs et perruquiers « purs » apparaissent à Paris, où ils créent une corporation.
La perruque allongée de Louis XIV constitue le socle de l’épanouissement durable du métier de coiffeur lorsque celle-ci est élevée au rang de perruque nationale.
En ces temps, le métier de coiffeur est grandement considéré : sous Louis XV, le perruquier était un personnage important
Son art assignait à chaque personnage, son rang dans le monde. On se distinguait les uns des autres par la perruque : noblesse, tiers état, clergé, autant de degrés hiérarchiques de la société, autant de perruques diverses.
Ses attributions se complétaient des fonctions de barbier, de baigneur, d’étuviste. En un mot, il était le factotum de la toilette, le serviteur des grâces et de la beauté, par privilège du roi .

Parmi les enchanteurs du 18e siècle, citons M .LEGROS, qui publia en 1769 un traité de l’Art de la Coiffure des Dames françaises. Citons aussi DAGE, qui ne pouvait suffire à sa riche et nombreuse clientèle dont Mme de Pompadour. Sans oublier le beau Léonard, coiffeur de Marie-Antoinette qui acquit une immense célébrité du fait de son habileté à poser des chiffons entre les boucles de chevelure.

Le métier de chirurgien connaît de profonds bouleversements au 18e siècle. Essor ? Professionnalisation ? Tant et si bien que les barbiers sont exclus de la pratique de la chirurgie.

Avec la révolution française, s’achève l’époque brillante pour la corporation des coiffeurs. L’autonomie du métier de coiffeur n’apparaît qu’au 19e siècle. Ces artisans ne possèdent pas encore de salon et se déplacent au domicile des clients.

En l’an 1906, Karl Nessler invente la « permanente » où initialement les cheveux dressés sont lovés en spirale. Ce n’est qu’en 1924 que Joseph Mayer utilise la technique de l’enroulement encore utilisé actuellement.

Le métier de coiffeuse n’apparaît que lors de la première guerre mondiale. Jusque là le métier était exclusivement masculin (comme dans beaucoup d’autres domaines).
Les premiers shampooings sans savon apparaissent en 1933.
Les premières coiffures utilisant le sèche-cheveux datent des années 1960.
Au fil du temps, de nouvelles techniques apparaissent.