La loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux
droits des malades et à la qualité du système de
santé donne aux ayants droit un droit d’accès
aux informations de santé contenues dans le
dossier médical du défunt, mais ces dispositions
législatives posent juridiquement et médicalement
de sérieuses difficultés d’application. Déjà
qui est ayant droit ? Un arrêté du 3 janvier 2007
précise que l’ayant droit est désormais défini
comme le successeur légal du défunt. Cela exclut
les descendants du deuxième degré (les petits-enfants)
si leurs parents (les descendants du premier
degré) n’ont pas renoncé à l’héritage. Mais
la CADA (Commission d’Accès aux Documents
Administratifs) précise dans un avis du 28 février
2002 qu’il n’y a pas lieu de réduire la notion
d’ayants droit aux seuls descendants directs
de la première génération. Le flou et les variations
des définitions soulèvent de nombreuses
interrogations dans la pratique, illustrées dans
cet article par trois cas. De plus, ce droit d’accès
n’est pas absolu et la loi n’offre cette possibilité
que dans la mesure où il est nécessaire aux
ayant droit pour leur permettre de connaître les
causes de la mort, de défendre la mémoire du
défunt ou de faire valoir leurs droits. L’ayant
droit doit alors préciser lors de sa demande le
motif pour lequel il a besoin d’avoir connaissance
de ces informations. Cela impose aux médecins
d’opérer un tri et d’en extraire du dossier
médical du défunt les seules informations nécessaires
à la poursuite de l’objectif que les ayants
droit ont fixé. Cela entraîne moult difficultés,
source d’incompréhension et de contentieux.
(publié le 22 septembre 2008)
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