Actuellement, les cytostatiques ou cytotoxiques
appartiennent à plusieurs classes pharmacologiques
selon leur mode d’action. Certains apparaissent
particulièrement dangereux car ils exercent
une action directe sur l’acide
désoxyribonucléique ou les chromosomes, qu’il
s’agisse d’une modification de la structure de
l’ADN ou de l’entrave à la migration des chromosomes.
Il en résulte des mutations ponctuelles,
des aberrations chromosomiques ou une
modification du nombre de chromosomes dans
les cellules après réplication. Les expositions
peuvent être évaluées à partir de prélèvements
atmosphériques ou par dosage des produits ou
de leurs métabolites dans les urines du personnel
exposé. Deux méthodes supplémentaires peuvent
être utilisées dans ce cas : les frottis de surface et le test d’Ames urinaire. Lorsque l’exposition
totale d’un soignant est comparée à celle
des patients traités, un facteur de sécurité de
100 à 2 000 a pu être calculé pour quelques cytotoxiques.
Les risques professionnels, locaux en
cas de contact direct avec une concentration importante
de cytostatiques, ne devraient plus être
rencontrés (traduisant une inefficacité des mesures
de prévention). De même, les risques généraux
directement dépendants des doses reçues
ne devraient plus être observés. En ce qui
concerne les risques spécifiques, il n’existe pas
de test de prédilection sur lequel pourrait se fonder
l’évaluation des risques génotoxiques liés à
l’exposition aux cytostatiques. Les tests sont
d’interprétation difficile car il n’existe pas de relation
démontrée entre l’intensité de l’effet génotoxique
et les conséquences pour la santé chez
l’homme. Ils ne permettent pas l’évaluation des
risques pour un sujet donné. En ce qui concerne
les risques cancérogènes, rares sont les études
qui analysent ce risque. Certains auteurs ont
avancé une augmentation du risque de cancer de
2 pour 100 000 à 7 pour 100 000 pour une activité
de 35 ans (cyclophosphamide) ; ce risque
peut varier selon le cytotoxique concerné. En ce
qui concerne le risque pour la reproduction, les
auteurs concluent qu’il existe un risque faible
d’avortement précoce (risque relatif 1,46 ; intervalle
de confiance à 95 % : 1,11-1,92) chez les
infirmières qui manipulent des cytotoxiques. En
revanche, les risques de malformation congénitale
ou de mort foetale tardive ne sont pas augmentés.
La prévention repose sur des mesures
techniques en ce qui concerne la reconstitution
des produits, leur administration et la gestion
des déchets. Ces mesures seront complétées par
une nécessaire formation du personnel, une prévention
médicale, des mesures organisationnelles
applicables au personnel soignant et aide soignant
et le port d’équipements de protection
individuelle.
(publié le 23 septembre 2008)
RSS