La première phase de notre enquête nous a permis de connaître l’état de santé et les caractéristiques de 277 salariés qui prévoyaient d’effectuer des séjours professionnels hors de France métropolitaine pendant plus de 30 jours cumulés [3].
Les salariés retrouvés lors de la deuxième phase de l’enquête, bien que moins nombreux (99) présentent les mêmes caractéristiques.
Plusieurs difficultés se sont cumulées pour retrouver les salariés inclus dans la première phase : non réponses malgré les relances, changement d’entreprises, départ de l’entreprise ou changement du médecin du travail.
Nous avons trouvé dans la littérature quelques études portant sur les expatriés[1,2], le personnel de la Banque Mondiale [4,5] ou les voyageurs pour tous motifs [6,7,8,9,10].
La durée d’au moins 30 jours de séjours cumulés a été retenue en référence à une de ces études [8].
Il en était de même pour la définition des évènements de santé qui est d’avoir au moins donné lieu à une consultation médicale [1].
Nous avons utilisé la classification des maladies de l’Organisation Mondiale de la Santé [11].
Une grande proportion de salariés déclare faire du sport au moins une heure par semaine(68,4 %), ce qui est bien supérieur aux 40 % estimés en population générale [12]. Le fait de faire du sport a un effet positif sur la santé pour les salariés expatriés [13].
Dans notre étude, le pourcentage de personnes se déclarant non-fumeurs (74,5 %) est supérieur à celui de la population générale (55%). Il en est de même pour le pourcentage de personnes se déclarant non-buveurs d’alcool (54,6 % vs 22,5 %) [14].
Pratiquement tous les grands secteurs d’activité sont représentés. Une majorité des salariés participant à l’enquête sont des cadres.
Le nombre de séjours professionnels réalisés varie de 1 à 100, il est en moyenne de 14. La durée cumulée de ces séjours varie de 30 jours à 1 an, elle est en moyenne de 113 jours et est supérieure aux 89 jours prévus lors de l’inclusion (p<0,05).
La Banque Mondiale recommande de ne pas dépasser 90 jours, mais des études réalisées sur son personnel montrent que cette moyenne était souvent dépassée [4,5].
Ces dernières études montrent un lien entre le stress et la fréquence, la durée et les changements de date des voyages.
Pour notre part, nous avons mis en évidence une corrélation entre le nombre de séjours réalisés et le score de stress (p<0,001). Un score de stress au-dessus de 6 sur une échelle de 0 à 10 est considéré comme fort [15,16].
Dans notre étude, le stress élevé concerne 28,6 % des salariés en phase 2.
L’étude de la Banque Mondiale rapporte 36 % de stress élevé.
La comparaison des résultats de ces études doit rester prudente, car les populations et le mode de recueil des scores diffèrent d’une étude à l’autre.
Une diminution du score de stress est constatée entre les phases 1 et 2. On peut penser que la peur de l’inconnu et l’expérience acquise soient en partie responsables du score plus élevé de la phase 1.
Une étude sur la santé perçue des voyageurs montre que celle-ci s’était améliorée après le retour ; mais l’enquête portait sur tous types de voyages, dont seulement 4,6 % de voyages professionnels [10]. Cela n’a pas été mis en évidence dans notre travail.
Le score de santé est moins bon pour les salariés ayant voyagé sur plusieurs continents ; ce qui est compréhensible en raison de la fatigue occasionnée par les décalages horaires et les efforts d’adaptation aux différents environnements.
Les voyages professionnels ont un retentissement sur la vie familiale [4,5] ; nous avons constaté que 18 % de salariés signalent un tel retentissement, mais nous n’avons pas mis en évidence de lien entre ce retentissement et les caractéristiques des voyages. Le faible effectif des salariés retrouvés est responsable d’un manque de puissance qui ne permet pas aux tests d’atteindre la significativité.
La moitié des salariés a présenté au moins un événement de santé. Les évènements signalés étaient conformément au protocole de l’enquête, ceux qui donnaient lieu à une consultation au moins. La plupart des consultations ont eu lieu en France.
Les problèmes de santé les plus fréquemment mentionnés, outre les consultations en ophtalmologie, ont été les problèmes digestifs, ORL, infectieux et parasitaires. Ici, également, les faibles effectifs ne nous permettent pas de comparer avec des données existantes [1, 17, 18].
Les évènements ayant entraîné des arrêts de travail voire des hospitalisations ont été par ordre d’importance décroissante : les problèmes génitaux-urinaires, les maladies infectieuses, les problèmes digestifs, les accidents et les problèmes cardiologiques.
Il ne nous a pas été signalé d’évènement qui ait entraîné de retour prématuré ou de rapatriement sanitaire.
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