Effets à long terme de l’inhalation de poussières d’aluminium
Long-term effects of aluminium dust inhalation

S. Peters, A. Reid, L. Fritschi, N. de Klerk, A.W. Musk Occupational and Environmental Medicine, 2013, vol 70, n°12, pages 864-868. Bibliographie.

Pendant les années 50 et 60, l’inhalation de poussières d’aluminium a été utilisée comme protection contre la silicose chez les mineurs de fond, en Australie. Cette étude australienne a étudié l’association entre l’inhalation de poussières d’aluminium et l’apparition de maladies cardiovasculaires, cérébrovasculaires et la maladie d’Alzheimer dans une cohorte de mineurs d’or australiens. Par ailleurs, la mortalité par pneumoconioses a été évaluée pour estimer l’effet de la thérapie par l’aluminium.

Des ratios de mortalité standardisés avec leurs intervalles de confiance à 95 % ont été calculés pour comparer la mortalité des membres de la cohorte avec celle de la population de l’ouest australien (1961-2009). Des comparaisons internes sur la durée de l’exposition à la poussière d’aluminium ont été faites à l’aide d’une régression de Cox. Les résultats ont montré que 647 des 1 894 mineurs d’or avaient inhalé de la poussière d’aluminium. Pendant les 42 780 personnes-années de suivi, 1 577 décès ont été observés. Une augmentation de la mortalité par maladie d’Alzheimer a été retrouvée chez les exposés à l’aluminium (SMR = 1,38) même si ce n’était pas statistiquement significatif (IC 95 % de 0,69 à 2,75). Les taux de décès par maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires étaient supérieurs à ceux de la population générale mais étaient identiques chez ceux qui avaient ou non inhalé des poussières d’aluminium. Les rapports de risque suggéraient une augmentation du risque de maladie cardiovasculaire en lien avec la durée d’exposition à l’aluminium (HR = 1,02 ; IC 95 % de 1,00 à 1,04 par année d’exposition). Aucune différence dans l’association entre la durée de travail dans la mine et une pneumoconiose n’a été observée entre les groupes avec ou sans exposition à l’aluminium.

En conclusion, aucun effet protecteur de l’aluminium contre la silicose n’a été observé. Inversement, l’exposition à la poussière d’aluminium peut augmenter le risque de maladie cardiovasculaire et de démence de type Alzheimer.

(publié le 27 mars 2014)