Le recours au travail posté et de nuit concerne actuellement
un ouvrier qualifié sur cinq. Une enquête
épidémiologique par questionnaire est en
cours avec pour objectif essentiel l’exploration des
troubles du sommeil et de la vigilance en lien avec
le travail de nuit et posté. 2 701 personnes ont été
interrogées : 1 470 de grandes entreprises allemandes
et 1 231 employés de 13 PME-PMI lorraines.
Au total, 2 449 questionnaires ont pu être
exploités : 295 femmes et 2 154 hommes. 47 %
des salariés interrogés travaillent en horaires postés,
32 % en horaires de jour, 9 % en 2X8, 12 %
en horaires de nuit permanents. L’âge moyen des
salariés varie entre 40,1 ans et 42,3 ans selon les
groupes horaire. Les troubles du sommeil concernent
plus d’un salarié sur deux, les troubles de la
vigilance, un salarié sur quatre. Plus que le travail
de nuit, l’alternance des postes de travail et donc la
variation des rythmes veille-sommeil, semble avoir
une influence néfaste sur la qualité de sommeil des
salariés. En ce qui concerne la qualité de vie, l’analyse
est moins défavorable aux travailleurs en alternance.
Ce sont les travailleurs de nuit qui se plaignent
le plus de leur qualité de vie mentale. Il
apparaît que le poste du matin est très délétère sur
la qualité du sommeil surtout dans la population
des travailleurs postés français dont la prise de
poste se fait fréquemment avant 6 h. L’organisation
du travail posté doit passer par une réflexion
sur le système de rotation des postes afin qu’il ait le
moins de retentissement possible sur la santé des
salariés. Il convient d’analyser les situations au cas
par cas selon l’entreprise, le type de tâches effectuées,
le type de rotation des postes déjà en place
tout en tenant compte des paramètres sociaux et
extra professionnels.
(publié le 23 septembre 2008)
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