Effets respiratoires de l’exposition aux nanoparticules manufacturées
Quelle surveillance médicale ?

P. Andujar Le Concours Médical, 2010, vol.132, N°17-18, pp. 752-754. Bibliographie
L’impact des nanoparticules sur la vie quotidienne est, et sera très important. Des inquiétudes sur les effets potentiels des nanoparticules manufacturées sur la santé et l’environnement existent en raison de leurs propriétés, du fait de leurs dimensions.
Les nanoparticules sont naturelles (éruptions volcaniques, incendie de forêt), anthropogéniques non intentionnelles (pollution industrielle, fumées diesel, pollution intérieure des bâtiments, fumées de soudage, suies de combustion) ou intentionnelles (nanoparticules manufacturées).
Les effets toxiques des nanoparticules sont fonction de leur nature chimique, de leur taille, de leur réactivité de surface, de leur forme, de leur degré d’agglomération/ agrégation et du traitement de surface.
L’inhalation est la principale voie d’entrée, permettant ensuite aux nanoparticules de se déposer dans l’appareil respiratoire. La rétention pulmonaire est accrue chez les patients atteints d’une pathologie obstructive (asthme ou BPCO).
Des études chez l’animal ont montré que l’inhalation des nanoparticules manufacturées avait "des effets biologiques (cytotoxique, génotoxique, fibrotique, pro-inflammatoire, pro-oxydant et prothrombotique".
Actuellement, il n’existe pas de valeur limite d’exposition professionnelle recommandée ou réglementaire pour les nanoparticules, et le suivi médical des sujets exposés n’est pas réglementé. Néanmoins, il convient de respecter certaines mesures préventives : substitution des nanoparticules par des produits moins dangereux, protection collective par travail en vase clos ou captage à la source, avec filtres à très haute efficacité, et à défaut protection individuelle : combinaison à capuche jetable, gants en latex ou nitrile et appareil de protection respiratoire filtrant de type P3 ou FFP3, voire combinaison intégrale à adduction d’air selon les niveaux d’exposition.
Un bilan de référence peut proposer radiographie du thorax de face et spirométrie complète.
Au fur et à mesure de l’affinement des connaissances, des mesures de protection appropriées en milieu de travail devront être adoptées.
(publié le 10 février 2011)