Engrais minéraux

F. Testud Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Pathologie professionnelle et de l’environnement, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2015, vol.10, n°3, 16-060-A-10, 7 p. Bibliographie.
Les engrais minéraux visent à fertiliser les sols et les plus utilisés sont les engrais ternaires NPK constitués de nitrate d’ammonium, de phosphates et de sels de potassium.
N’étant pas lipophiles, ces substances n’ont pas de pénétration percutanée significative en milieu professionnel, exceptée la cyanamide calcique.
La voie respiratoire est négligeable mais il existe une déglutition secondaire des poussières et microparticules inhalées.
Par voie orale, l’absorption est rapide et importante mais la majeure partie des nitrates ingérés est éliminée sous forme inchangée par voie urinaire et le reste est excrété dans la salive, accessoirement dans la sueur et le colon. Les phosphates ne s’accumulent pas dans l’organisme.
L’ingestion accidentelle d’une solution diluée d’engrais pour plantes NPK est sans conséquence toxique et ne nécessite pas de prise en charge particulière. Par contre, l’ingestion volontaire d’un volume important d’une formule concentrée peut induire une intoxication potentiellement mortelle (en lien avec de fortes concentrations de potassium).
En milieu professionnel (usines de production et épandage agricole), les effets toxiques rapportés se limitent à des signes cutanés, oto-rhino-laryngologiques et respiratoires en lien avec le caractère irritant des poussières.
En ce qui concerne la population générale, les nitrates sont des constituants normaux de l’alimentation et ils ont été incriminés dans la survenue d’accidents de méthémoglobinémie chez des nouveau-nés et de cancers en particulier digestifs, dans la population générale. L’hypothèse était une formation de nitrosamines. Or les nitrates alimentaires y compris ceux présents dans l’eau de boisson, ne peuvent donner lieu à la formation de nitrosamines car il ne sont pas réduits en nitrites dans le tube digestif. La grande majorité des études et trois expertises collectives ont conclu à l’innocuité des nitrates alimentaires et, par là-même à l’inadéquation de la réglementation et des normes.
Ce ne sont pas les nitrates mais les phosphates qui sont responsables des phénomènes d’eutrophisation (développement anarchique d’algues des eaux stagnantes des lacs, estuaires, marais ou lagunes) et la pollution phosphatée provient à plus de 85% de l’épandage d’engrais en agriculture et des déjections des animaux d’élevage. Les effluents domestiques en représentent moins de 10%.
(publié le 24 septembre 2015)