La mélatonine, une hormone qui inhibe expérimentalement
les cancers induits, est réprimée
par l’exposition nocturne à la lumière de sorte que les travailleurs postés effectuant des postes
de nuit peuvent avoir une augmentation du
risque de cancer. Des enquêtes antérieures portant
sur des travailleurs postés avaient trouvé
une augmentation du risque de cancer du sein
chez les femmes et suggéraient une augmentation
possible du risque de cancer du côlon chez
les femmes et de la prostate chez les hommes. La
présente enquête a été menée par des auteurs
suédois pour voir si ces résultats antérieurs pouvaient
être confirmés et dans quelle mesure les
travailleurs postés sont à un risque augmenté de
cancer pour d’autres localisations.
Un total de 2 102 126 hommes et de
1 148 661 femmes a été identifié pour avoir travaillé
en 3 x 8 à la fois en 1960 et 1970. Leurs
emplois ont été classés selon le pourcentage de
travailleurs postés, et ils ont été suivis de 1971 à
1989 ou jusqu’à ce qu’ils soient diagnostiqués
cancéreux ou décédés.
Les ratios d’incidence standardisée (SIR) ont été
utilisés pour comparer les taux d’incidence de
cancer ajustés pour les travailleurs postés avec
ceux des travailleurs non postés.
Les taux de cancer n’étaient pas élevés pour les
travailleurs postés masculins [tous sites confondus
: N = 6 524 cas chez des travailleurs postés,
SIR 1,02 intervalle de confiance à 95 % (IC
95 %) 1,00 à 1,05 ; prostate ; N = 1319, SIR
1,04 ; IC 95 % 0,99 à 1,10] ni pour les travailleurs
postés féminins (tous sites confondus :
N = 268, SIR 1,00 ; IC 95 % 0,89 à 1,13 ; sein :
N = 70, SIR 0,94 ; IC 95 % 0,74 à 1,18).
En conclusion, aucune preuve n’a été trouvée
pour une association entre le travail posté et les
cancers du sein ou de la prostate, ni pour toutes
les localisations combinées de cancer chez les
travailleurs postés.
(publié le 30 novembre 2008)
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