Enquête de cohorte sur le risque de cancer chez les travailleurs postés masculins et féminins

Cohort study of cancer risk among male and female shift workers J. SCHWARTZBAUM, A. AHLBOM, M. FEYCHTING. Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 2007, vol. 33, n° 5, p. 336-343. - Bibliographie
La mélatonine, une hormone qui inhibe expérimentalement les cancers induits, est réprimée par l’exposition nocturne à la lumière de sorte que les travailleurs postés effectuant des postes de nuit peuvent avoir une augmentation du risque de cancer. Des enquêtes antérieures portant sur des travailleurs postés avaient trouvé une augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes et suggéraient une augmentation possible du risque de cancer du côlon chez les femmes et de la prostate chez les hommes. La présente enquête a été menée par des auteurs suédois pour voir si ces résultats antérieurs pouvaient être confirmés et dans quelle mesure les travailleurs postés sont à un risque augmenté de cancer pour d’autres localisations. Un total de 2 102 126 hommes et de 1 148 661 femmes a été identifié pour avoir travaillé en 3 x 8 à la fois en 1960 et 1970. Leurs emplois ont été classés selon le pourcentage de travailleurs postés, et ils ont été suivis de 1971 à 1989 ou jusqu’à ce qu’ils soient diagnostiqués cancéreux ou décédés. Les ratios d’incidence standardisée (SIR) ont été utilisés pour comparer les taux d’incidence de cancer ajustés pour les travailleurs postés avec ceux des travailleurs non postés. Les taux de cancer n’étaient pas élevés pour les travailleurs postés masculins [tous sites confondus  : N = 6 524 cas chez des travailleurs postés, SIR 1,02 intervalle de confiance à 95 % (IC 95 %) 1,00 à 1,05 ; prostate ; N = 1319, SIR 1,04 ; IC 95 % 0,99 à 1,10] ni pour les travailleurs postés féminins (tous sites confondus : N = 268, SIR 1,00 ; IC 95 % 0,89 à 1,13 ; sein : N = 70, SIR 0,94 ; IC 95 % 0,74 à 1,18). En conclusion, aucune preuve n’a été trouvée pour une association entre le travail posté et les cancers du sein ou de la prostate, ni pour toutes les localisations combinées de cancer chez les travailleurs postés.
(publié le 30 novembre 2008)