Il s’agit d’une profession en plein développement. Ce dossier médico-technique réalisé par une équipe pluridisciplinaire fait le point sur les risques professionnels chez les prothésistes ongulaires. La première partie présente la profession. La seconde décrit les différentes techniques de pose des faux ongles : soit ongles artificiels sculptés ou technique de la résine, soit ongles artificiels collés ou technique du gel, soit ongles artificiels en fibre de verre et de soie ou technique du pansement. La troisième partie récapitule les risques de la profession :
- les risques chimiques en lien essentiellement avec les acrylates et méthacrylates. Les différents produits utilisés peuvent être responsables d’effets irritants ou allergisants, d’effet mutagène, d’effet cancérogène, et peuvent être toxiques pour la reproduction. L’exposition aux produits se fait par deux voies principales : respiratoire et cutanée. Les niveaux d’exposition dépendent des quantités de produits utilisés, des méthodes de travail, des systèmes de ventilation. Mais de toute manière, les niveaux d’exposition sont assez faibles, inférieurs aux valeurs moyennes d’exposition.
- Les risques liés à des agents biologiques : risque d’hépatite C, complications pulmonaires en lien avec l’inhalation de spores contenus dans les poussières d’ongles porteurs de mycoses.
- Les troubles musculosquelettiques et posturaux en lien avec torsions latérales, inclinaisons du buste de façon latérale, angulation rachis cervical/ rachis dorsal importante, sollicitation des membres supérieurs de façon différente, maintien des bras en légère élévation, associés à des cadences parfois difficiles, une organisation générale du travail parfois inadaptée.
- Les autres risques sont en lien avec l’éclairement (locaux souvent aveugles), l’électricité (locaux parfois anciens avec des installations électriques obsolètes), le risque d’incendie (utilisation de produits inflammables), le travail sur écran (très restreint), le risque UV (négligeable). La prévention repose sur la substitution de certains produits par des substances moins nocives ou irritantes, une ventilation efficace et adaptée, le port de gants résistants au méthacrylate (peu réalisable en pratique), le lavage plusieurs fois par jour des mains, des bras et du visage, l’évitement de bijoux au niveau des mains et des poignets (qui augmentent le contact avec les produits qui restent sous les bijoux), l’utilisation de matériel à usage unique, la formation à la gestuelle pour faire face à la répétitivité des mouvements, l’ergonomie du poste, l’adaptation de l’éclairage et l’alternance des tâches, le tout dans des conditions acoustiques douces (la musique est souvent un élément systématique rattaché à l’image de ce type de secteurs professionnels).
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