Femmes et travail.
La prévention s’adapte à la féminisation des métiers

G. Brasseur, A. Carlier, V. Cheneau, C. Ravallec, J.P. Richez, D. Vaudoux Travail et Sécurité, 2008, n°690, pages 17-33

Actuellement, plus de 82 % des femmes âgées de 25 à 49 ans ont une activité professionnelle ou recherchent un emploi. Accompagnant la croissance du secteur tertiaire, elles exercent majoritairement dans les secteurs de la santé, de l’aide à la personne et de l’éducation mais elles investissent également de plus en plus des filières traditionnellement réservées aux hommes comme le BTP, la mécanique ou l’armée. Si elles travaillent moins que les hommes en temps salarié (6h 50 pour les femmes contre 7h 23 pour les hommes), leur journée de travail est plus longue si l’on tient compte des activités familiales (8 h 43 contre 8 h 09). L’Etat a développé en 2006 un grand programme pour l’égalité salariale et professionnelle hommes-femmes : même salaire, mêmes activités. Mais si les femmes accèdent de plus en plus à des postes élevés, elles atteignent rarement le même statut que les hommes à situation hiérarchique équivalente. La dimension « genre » doit désormais intégrer la prévention qui s’est toujours faite selon un étalon « homme ». Une réflexion de fond est donc engagée pour la mise en place d’actions en faveur de l’amélioration des conditions de travail. Qu’en est-il de la santé au travail en fonction du genre ? Les hommes sont victimes de deux à trois fois plus d’accidents du travail que les femmes. Par contre, en matière de TMS, 58 % des maladies professionnelles reconnues concernent les femmes. Il y a urgence à considérer la spécificité du travail féminin et des risques qui lui sont inhérents. « Une même exposition ne produit pas nécessairement les mêmes effets chez les hommes et chez les femmes tout comme une même souffrance ne correspond pas nécessairement à la même exposition physiologique ou psychologique ». La proportion de femmes en âge de procréer est en augmentation et en 2003, pour 66 % des naissances, la mère avait exercé un emploi au cours de la grossesse. Des mesures réglementaires permettent de garantir la santé de la future mère, de son enfant mais également de protéger les femmes en âge de procréer. Il faut leur rappeler que certains produits chimiques présentent des risques pour la descendance dès le début de la grossesse et même avant la conception. La (r)évolution culturelle est en marche avec des répercussions très positives sur les conditions de travail et la prévention des risques professionnels.

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(publié le 6 avril 2009)