Une enquête menée par des médecins du travail chez 7 129 personnes actives en région parisienne a montré que dans les 12 mois précédents, 18 % de la population a consulté un médecin pour lombalgie. Parmi eux, 4 % ont eu un arrêt de travail pour lombalgie et moins de 1 % a eu un arrêt de plus d’un mois pour ce même motif. L’évolution est spontanément favorable dans 90 % des cas en 6 semaines. Heureusement, car si l’arrêt de travail est prolongé audelà d’un an, 90 % des sujets ne reprendront jamais une activité professionnelle. Le poids social de cette pathologie est lourd : sur la vie entière, on considère que 85 % de la population souffrira d’une douleur lombaire et il est établi que chez les personnes âgées de plus de 45 ans, les lombalgies ou lomboradiculalgies sont la première cause d’inaptitude au travail et la première cause d’invalidité en France. Deux tableaux de maladies professionnelles indemnisant les lomboradiculalgies par hernie discale provoquée par les vibrations (tableau n° 97) ou par la manutention manuelle de charges lourdes (tableau n° 98) ont été créés en 1999. En 2006, 1 800 maladies professionnelles ont été indemnisées pour ces deux tableaux avec une forte régression depuis les 5 dernières années (2 847 pathologies indemnisées en 2002). Pour le tableau n° 97 « vibrations », la liste des travaux est limitative (conduite de certains engins ou véhicules) alors que pour le tableau n° 98 « manutention », la liste des travaux est indicative.
Il est exigé une cohérence radioclinique (« sciatique ou rachialgie par hernie discale avec atteinte radiculaire de topographie concordante ». Cela impose la réalisation d’une imagerie, généralement par résonance magnétique (IRM). Il existe un système de reconnaissance complémentaire à celui des tableaux, mais dans ce cas la preuve d’une relation directe avec le travail se substitue au principe de la présomption d’origine et la reconnaissance est plus difficile.
La déclaration en maladie professionnelle relève du patient et s’accompagne d’un certificat médical rédigé par tout médecin, généralement le médecin du travail ou le médecin traitant. La déclaration en maladie professionnelle ne doit pas être automatique mais bien circonstanciée et conforme à l’intérêt bien compris du patient. En effet, si la pathologie est grave, si elle s’accompagne de comorbidités ou si l’âge est avancé, il est parfois plus intéressant pour la victime de bénéficier d’une indemnisation au titre d’une prise en charge dans le cadre du régime de la longue maladie et de l’invalidité. L’important est de mettre en place une politique de prévention : réduction des charges à manipuler, instauration de cycles de travail courts, amélioration du confort des cabines de conduite. Une visite de pré-reprise est conseillée dès lors que la durée de l’arrêt de travail dépasse un mois.
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