Intensité du travail et mobilité professionnelle

T. AMOSSÉ, M. GOLLAC Travail et Emploi. - 2008. - N° 113. - Pages 59- 73
L’intensification du travail est-elle associée à une augmentation de la mobilité des salariés ? Cette hypothèse est confirmée à l’aide d’une démarche empirique, à partir de l’enquête sur la Formation et la Qualification professionnelle (FQP), réalisée en 2003 par l’INSEE et portant sur 39 300 personnes. On peut s’attendre à ce qu’une forte intensité crée une forte divergence entre ceux qui réussissent à y faire face et leurs collègues moins chanceux. C’est ce que confirme les résultats de cette étude. Le cumul de contraintes de rythme rend plus probables tous les types de mobilité, mais plus particulièrement ceux qui se traduisent par une promotion ou une régression économique ou sociale. « En début de carrière, l’intensité du travail favorise les mobilités horizontales ou ascendantes, mais la part des mobilités descendantes devient notable en milieu de carrière : enfin un travail trop intense pousse les plus âgés vers l’inactivité. Il n’est donc pas assuré qu’une forte intensité de travail soit compatible avec la construction de parcours professionnels satisfaisants pendant toute la durée de la vie active. Le maintien d’une telle intensité pourrait poser problème dans une société vieillissante. Même si les trajectoires ascendantes sont plus fréquentes que les trajectoires descendantes, les mobilités descendantes sont, subjectivement, plus marquantes que les mobilités ascendantes, de sorte qu’une intensité trop forte pourrait avoir au total un effet négatif sur le bien-être et la motivation des salariés ».
(publié le 9 décembre 2008)