L’intensification du travail est-elle associée à
une augmentation de la mobilité des salariés ?
Cette hypothèse est confirmée à l’aide d’une démarche
empirique, à partir de l’enquête sur la
Formation et la Qualification professionnelle
(FQP), réalisée en 2003 par l’INSEE et portant
sur 39 300 personnes. On peut s’attendre à ce
qu’une forte intensité crée une forte divergence
entre ceux qui réussissent à y faire face et leurs
collègues moins chanceux. C’est ce que confirme
les résultats de cette étude. Le cumul de
contraintes de rythme rend plus probables tous
les types de mobilité, mais plus particulièrement
ceux qui se traduisent par une promotion ou
une régression économique ou sociale. « En début
de carrière, l’intensité du travail favorise les
mobilités horizontales ou ascendantes, mais la
part des mobilités descendantes devient notable
en milieu de carrière : enfin un travail trop intense
pousse les plus âgés vers l’inactivité. Il n’est donc pas assuré qu’une forte intensité de
travail soit compatible avec la construction de
parcours professionnels satisfaisants pendant
toute la durée de la vie active. Le maintien d’une
telle intensité pourrait poser problème dans une
société vieillissante. Même si les trajectoires ascendantes
sont plus fréquentes que les trajectoires
descendantes, les mobilités descendantes
sont, subjectivement, plus marquantes que les
mobilités ascendantes, de sorte qu’une intensité
trop forte pourrait avoir au total un effet négatif
sur le bien-être et la motivation des salariés ».
(publié le 9 décembre 2008)
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