Monsieur Jean-Denis Combrexelle était présent à la séance de clôture et a clairement réaffirmé que la santé au travail restait une priorité absolue pour les pouvoirs publics et que le médecin du travail devait y tenir une place essentielle.
Si les retards de la réforme annoncée inquiètent, « ce n’est pas de la part du gouvernement une volonté de reporter les décisions, mais seulement le souci de négocier et d’avoir une action concertée avec tous les partenaires ».
Le 2e plan Santé travail (2010-2014) présenté en janvier 2010 par le ministère du Travail a pour objectif de réduire significativement le nombre et la gravité des accidents du travail et de stabiliser le nombre de maladies professionnelles.
Trois domaines ont été mis en avant :
- Les troubles musculosquelettiques (aujourd’hui la première cause de maladie professionnelle et en progression de 18% depuis 10 ans) nécessitent un suivi de prévention qui devra être mis en œuvre avec le service de santé au travail (équipe médicale et IPRP) dans une action coordonnée par le médecin du travail.
- Les risques psychosociaux nécessitent une politique efficace impulsée par les services de santé au travail, en veillant cependant à conserver le lien entre le médecin du travail et le salarié. Trois facteurs ont une grande influence : la crainte du chômage, le rôle du management et l’organisation du travail. Toutefois, il convient de ne pas se laisser submerger par l’importance croissante donnée aux risques psychosociaux, qui risque de masquer les problèmes de santé au travail plus « traditionnels ».
- Le taux d’emploi des seniors doit augmenter ; cela exige de prendre en compte le parcours professionnel et d’aménager les conditions de travail. Il importe de s’intéresser à ces facteurs dès l’entrée dans la vie active, afin que le parcours s’effectue de la meilleure manière possible. Ces enjeux nécessitent :
- de renforcer le travail des équipes chargées du maintien dans l’emploi et de la prévention de la désinsertion professionnelle,
- d’augmenter les actions de prévention primaire et d’éviter les expositions à la pénibilité,
- et d’améliorer nos connaissances sur les facteurs d’exposition.
Dans le dossier médical, pour chaque individu, devront être répertoriés les risques identifiés, les périodes d’exposition et les résultats et les principales mesures de prévention proposées.
Quant à la question de la réforme Jean-Denis Combrexelle a rappelé que ses orientations ont été présentées par le Conseil d’orientation sur les Conditions de Travail en décembre 2009 et mai 2010.
Les objectifs sont :
- de constituer un réseau d’acteurs et de généraliser les équipes pluridisciplinaires (psychologue, ergonome, ingénieur sécurité) au sein des services de santé au travail ;
- et d’assurer une meilleure couverture de tous les travailleurs, y compris les travailleurs intérimaires, les travailleurs précaires, les travailleurs âgés.
Un rapport récent (Frimat-Dellacherie-Leclercq) a avancé un certain nombre de propositions et plusieurs aspects ont déjà été retenus :
- la création d’un Diplôme d’Etudes Spécialisées Complémentaires qui permettra aux médecins qui le souhaitent d’acquérir une formation complémentaire en médecine du travail, dans l’objectif d’une reconversion ;
- la création d’un projet collectif pour acquérir une représentation commune des risques professionnels ;
- une charte de coopération des membres de l’équipe pluridisciplinaire ;
- la création de pôles d’excellence, dans la santé, les sciences humaines, sociales, juridiques, qui pourraient servir de référence ;
- la spécialité de médecine du travail devra être rendue plus attractive, en présentant aux étudiants un avenir clair et une image positive.
Au nom de l’actuel ministre (Eric Woerth) dont le père était médecin du travail et en son nom, Jean-Denis Combrexelle a assuré l’ensemble des congressistes de sa confiance forte en la médecine du travail et ses médecins et affirmé son optimisme pour l’avenir.
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