Face au suicide, les entreprises sont totalement
démunies. Elles ont tendance à se réfugier dans
le déni, renvoyant toujours les raisons du passage
à l’acte dans la sphère privée. Dans l’urgence,
elles ont recours à des cellules d’écoute
où collaborent médecin du travail, assistante sociale
et psychosociologue du travail. Les syndicats
ne sont pas plus à l’aise, craignant de vouloir
récupérer la mort du collègue pour faire
passer des revendications. Numéros verts et
autres hot lines se sont montrés inadaptés.
Néanmoins, certaines entreprises commencent à
s’attaquer au problème : création de groupes de
concertation, cellules de veille, étude sur les facteurs
de stress par un cabinet spécialisé avec
l’objectif de déboucher sur un plan d’action,
commissions paritaires santé et sécurité au travail.
Les entreprises ont en effet intérêt à s’emparer
du sujet rapidement. La responsabilité de
l’employeur pourrait être engagée s’il ne peut
pas prouver qu’il s’est sérieusement attelé au
problème. Jusqu’à présent, les entreprises s’en
soucient peu : trop rares sont les entreprises où
les risques psychosociaux sont mentionnés dans
le document unique.
(publié le 23 septembre 2008)
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