La souffrance au travail revêt actuellement de
nouvelles formes. Autrefois, les conditions de
travail étaient nocives pour le corps,
aujourd’hui, elles le sont pour la santé mentale.
La faute en est aux nouvelles formes d’organisation
de travail et notamment à l’introduction de
l’évaluation individualisée des performances. Le
tissu de confiance et d’entraide s’est trouvé déchiré
au profit du « chacun pour soi ». Les solidarités
ont fondu. Selon C. Dejours, une « bonne
évaluation jugerait la capacité d’un salarié à
supporter les difficultés du travail et sa pugnacité
à trouver la solution et à acquérir de nouvelles
habilités ». Il propose l’évaluation des
pairs, réputée sévère et rigoureuse, et notamment
l’évaluation horizontale. « C’est une médiation
pour sortir de la solitude ». Au travail, le
plus important est la question de la convivialité
et du « vivre ensemble ». « Ce sont ces espaces informels
où les personnes se parlent, s’écoutent,
produisent ensemble les règles de coopération ».
(publié le 23 septembre 2008)
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