Les efforts actuels de recherche se sont principalement
concentrés sur l’évaluation du rôle des
substances présentes dans l’alimentation animale
dans l’étiologie d’affections chroniques
humaines, avec relativement peu d’attention
donnée à l’évaluation du rôle des agents transmissibles
qui sont aussi présents. Les travailleurs
de la viande sont exposés à un grand nombre
d’agents transmissibles présents dans les animaux
de boucherie et leurs produits. Cette enquête
américaine explore la mortalité par affections
non cancéreuses chez des travailleurs ayant
ces expositions.
Une enquête de cohorte de mortalité a été menée
de 1949 à 1989, chez 8 520 travailleurs de la
viande d’un syndicat à Baltimore, dans le Maryland
(USA), qui avaient travaillé dans des usines
où les animaux étaient tués ou dépecés, et qui
avaient eu de fortes expositions aux agents
transmissibles. La mortalité des travailleurs de
la viande a été comparée à celle d’un groupe de
référence de 6 081 travailleurs appartenant au
même syndicat, ainsi qu’à celle de la population
générale des États-Unis. Le risque a été estimé
par la mortalité proportionnelle et les ratios de
mortalité standardisée (SMRs) ainsi que le SMR
relatif.
Un excès net de mortalité par septicémie, hémorragie
sous-arachnoïdienne, néphrite chronique,
endocardite aiguë et subaiguë, maladies
cardiaques fonctionnelles a été observé chez les
travailleurs de la viande par rapport au groupe
de référence et à la population générale des
États-Unis, ainsi qu’une diminution du risque de
mortalité par sténose artérielle pré-cérébrale ou
cérébrale.
En conclusion, les auteurs émettent l’hypothèse
que les agents transmissibles d’origine animale
présents dans les animaux de boucherie et leurs
produits peuvent être responsables de la survenue
de certains cas de maladies circulatoires,
neurologiques et d’autres affections chez les travailleurs
de la viande, et peut-être dans la population
générale exposée à ces agents.
(publié le 30 novembre 2008)
RSS