La mortalité par affection non cancéreuse chez les travailleurs de la viande : un modèle pour étudier le rôle des agents transmissibles d’origine animale dans les affections chroniques non cancéreuses chez l’homme

Non-malignant disease mortality in meat workers : a model for studying the role of zoonotic transmissible agents in non malignant chronic diseases in humans. E.S. JOHNSON, Y. ZHOU, M. SALL, M. EL FARAMAWI, N. SHAH, A. CHRISTOPHER, N. LEWIS. Occupational and Environmental Medicine, 2007, vol. 64,n° 12, p. 849-855. - Bibliographie
Les efforts actuels de recherche se sont principalement concentrés sur l’évaluation du rôle des substances présentes dans l’alimentation animale dans l’étiologie d’affections chroniques humaines, avec relativement peu d’attention donnée à l’évaluation du rôle des agents transmissibles qui sont aussi présents. Les travailleurs de la viande sont exposés à un grand nombre d’agents transmissibles présents dans les animaux de boucherie et leurs produits. Cette enquête américaine explore la mortalité par affections non cancéreuses chez des travailleurs ayant ces expositions. Une enquête de cohorte de mortalité a été menée de 1949 à 1989, chez 8 520 travailleurs de la viande d’un syndicat à Baltimore, dans le Maryland (USA), qui avaient travaillé dans des usines où les animaux étaient tués ou dépecés, et qui avaient eu de fortes expositions aux agents transmissibles. La mortalité des travailleurs de la viande a été comparée à celle d’un groupe de référence de 6 081 travailleurs appartenant au même syndicat, ainsi qu’à celle de la population générale des États-Unis. Le risque a été estimé par la mortalité proportionnelle et les ratios de mortalité standardisée (SMRs) ainsi que le SMR relatif. Un excès net de mortalité par septicémie, hémorragie sous-arachnoïdienne, néphrite chronique, endocardite aiguë et subaiguë, maladies cardiaques fonctionnelles a été observé chez les travailleurs de la viande par rapport au groupe de référence et à la population générale des États-Unis, ainsi qu’une diminution du risque de mortalité par sténose artérielle pré-cérébrale ou cérébrale. En conclusion, les auteurs émettent l’hypothèse que les agents transmissibles d’origine animale présents dans les animaux de boucherie et leurs produits peuvent être responsables de la survenue de certains cas de maladies circulatoires, neurologiques et d’autres affections chez les travailleurs de la viande, et peut-être dans la population générale exposée à ces agents.
(publié le 30 novembre 2008)