Selon l’auteur, l’inégalité de la représentation féminine dans les orchestres (30% de femmes) est la preuve du sexisme particulièrement présent dans le milieu musical. Elles ne sont d’ailleurs retrouvées que très rarement aux postes de super solistes. Pourtant les femmes, malgré des moyens différents des hommes proposent sur le plan musical des prestations au moins équivalentes à celles des hommes. Il est cependant des moments dans la vie d’une femme où la pratique instrumentale peut être gênée voire interdite.
Le corps transformé par la maternité peut par exemple perturber l’accordéoniste, notamment en ce qui concerne l’appui abdominal de l’instrument qui devient pesant voire douloureux. Si le jeu de la main droite reste possible, celui de la main gauche devient difficile (les doigts ne peuvent plus atteindre les touches).
Dans le post partum, l’incontinence urinaire d’effort peut gêner les musiciennes. La rééducation ne doit pas être envisagée immédiatement mais se faire à distance de l’accouchement et de l’allaitement (9 mois plus tard) et surtout il ne faut pas entreprendre trop précocement l’électro-stimulation endovaginale qui pourrait gêner la repousse nerveuse.
Parallèlement, au cours de la grossesse, l’organisme va subir des modifications de ses volumes et débits respiratoires, ainsi que de ses cordes vocales, avec des conséquences sur la qualité du chant (voix moins agile et plus grave). De plus, les gestes sont moins précis avec un corps plus lourd et les femmes notent souvent une baisse de concentration.
Les musiciennes ayant été victimes d’un cancer du sein peuvent difficilement maintenir leurs activités antérieures mais elles organisent habituellement leur emploi du temps pour maintenir un contact avec la musique, et des concertistes deviennent accompagnatrices entre deux chimiothérapies ; cela leur donne la force de se battre et de gagner face à la maladie.
(publié le 22 novembre 2011)
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