La transformation de la société et du monde du travail
Depuis 1946 en effet les conditions de vie et de travail se sont profondément transformées. L’état sanitaire du pays s’est très nettement amélioré et un suivi médical individuel systématique et généralisé apparaît moins nécessaire en milieu de travail. L’espérance de vie a beaucoup augmenté et l’obligation de travailler plus longtemps devient de plus en plus impérieuse. Il convient donc d’aménager les conditions de travail pour les rendre plus compatibles avec les capacités d’une population vieillissante et pour prévenir la désinsertion professionnelle. Le travail lui-même sollicite moins généralement la force physique et davantage les facultés cognitives, même si la répétitivité de certaines tâches manuelles entraîne des troubles musculo-squelettiques (TMS) plus fréquents, ce que traduit l’augmentation importante des maladies professionnelles indemnisées. Après avoir baissé considérablement, le nombre annuel des accidents du travail avec arrêt stagne autour de 700.000 depuis 2004. De nouveaux risques, dits psychosociaux, ont émergé, liés notamment aux formes modernes de management et d’organisation du travail, à son accélération, au développement des nouvelles techniques de l’information et de la communication qui souvent isolent le travailleur devant son poste de travail et le privent du soutien du collectif de travail, comme elles isolent le citoyen dans la cité. De plus, l’évolution rapide des matériels et procédés de travail, l’utilisation de plus en plus fréquente de rayonnements ionisants ou non-ionisants ou de nouvelles molécules suscitent de nouvelles craintes, d’autant que leurs effets sur la santé peuvent être très longtemps différés.
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