L’INRS estime à 100 000 le nombre de personnes
travaillant en ambiance froide (températures
inférieures à 10 °C) principalement dans
l’industrie alimentaire. On parle de stress au
froid lorsque le corps perd plus de chaleur qu’il
n’en produit. Il se caractérise par un refroidissement
de l’ensemble du corps, un refroidissement
des extrémités, un refroidissement de la peau
par convection, par contact et un refroidissement
des voies respiratoires. La prévention collective
de ce stress au froid repose sur l’organisation
du travail (favoriser l’exécution de
certaines tâches à l’intérieur, prévoir un abri
chauffé, prévoir une rotation du personnel et
une alternance travail repos sur le type 90 -
120 minutes/20 minutes, apprendre à maîtriser
les tâches complexes à la température ambiante
avant de les accomplir au froid), l’amélioration
du lieu de travail (installer des coupe-vent pour
protéger des courants d’air, s’isoler du sol (protection
en bois), l’adaptation du matériel (isolation
des poignées et leviers des outils). La prévention
individuelle repose sur les vêtements qui
doivent respecter le principe « oignon ». Les vêtements
doivent se composer de trois couches
(pour que l’air entre les différentes couches assure
une meilleure isolation) qui doivent répondre
au principe « VIP » : V pour ventilation
avec une couche intérieure (pas de coton, plutôt
du synthétique ou un mélange laine-fibres synthétiques),
I pour isolation avec une couche intermédiaire
en laine ou duvet...), P comme protection
avec une couche externe imperméable,
résistante et antistatique. Les vêtements seront
« COLD », C, c’est-à-dire propres (de Clean) sinon
ils perdent leur capacité isolante, O (de
avoid Overheating), réduisant la transpiration,
L de Layers (en couches séparées) et D de dry,
donc secs car les vêtements humides perdent de
la chaleur 25 fois plus vite. Les moufles sont
préférables aux gants. Les vêtements doivent
être suffisamment longs pour ne pas exposer le
dos ou les poignets au froid. Les chaussures auront
des semelles antidérapantes en caoutchouc,
une semelle intérieure amovible et une pointe en
cuir. Deux paires de chaussettes sont souhaitables. Il est conseillé de porter également un col
roulé ou une écharpe et un couvre-chef qui recouvre
les oreilles et la nuque.
Il faut prévoir des repas chauds en insistant sur
les aliments à forte teneur en énergie (riche en
graisses et en hydrates de carbone) et des boissons
chaudes (soupe, bouillon) sans caféine et
sans alcool (qui ont tous deux un effet déshydratant).
Il est déconseillé de fumer (la nicotine
augmente le risque de gelures par la diminution
de la circulation du sang périphérique). Attention
à certains médicaments dont les béta-bloquants
qui provoquent une vasoconstriction périphérique
et diminuent la tolérance au froid.
Les premiers signes des gelures doivent être
connus : douleur, picotements, zone de peau
blanche, frissons, rougeurs des extrémités ; fatigue.
Prévoir un réchauffage lent sans utiliser de
source de forte chaleur.
(publié le 23 septembre 2008)
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