Les personnes infectées par le VIH voyagent fréquemment
en zone tropicale. Une étude canadienne
montre que 45,9 % des 290 personnes
incluses avaient effectué un voyage international
dans les 5 ans. Les voyageurs infectés par le VIH
semblent exposés aux mêmes risques que les
voyageurs immunocompétents ; cependant le
risque infectieux est plus élevé du fait de l’immunodépression,
mais aussi du fait des comportements
à risque et les complications sont plus
sévères. La diarrhée est le problème de santé le
plus fréquemment rapporté en zone tropicale
chez le voyageur infecté par le VIH. Le risque
d’infection tuberculeuse est plus important. Si
les mycoses endémiques sont rares, elles sont cependant
une cause d’infection opportuniste.
L’incidence du paludisme est plus élevée et l’accès
palustre est plus grave. En ce qui concerne
les IST (infections sexuellement transmissibles),
seuls 58,1 % des voyageurs infectés par le VIH
utilisent des préservatifs, le risque est alors
grand de se surinfecter avec d’autres agents infectieux,
un virus VIH multirésistant ou avec
une autre souche de virus. Près d’un tiers des sujets
suspend le traitement antirétroviral pendant
le voyage ce qui expose au risque d’échec immunovirologique.
Les maladies qui peuvent être
prévenues par la vaccination comme la typhoïde,
les infections à pneumocoque, à méningocoque,
à Haemophilus, l’hépatite A ou l’hépatite
B, la rougeole sont plus fréquentes et plus
sévères chez les sujets infectés par le VIH. Une
préparation au voyage de ces patients est importante
et entre 53 et 69 % selon les études
consultent avant le départ. Il est important d’informer
que certains pays refusent l’entrée aux
voyageurs infectés par le VIH ou en possession
de traitements antirétroviraux. L’attention des voyageurs doit être attirée sur l’importance du
respect des précautions alimentaires et d’hygiène,
sur l’utilisation de préservatifs, sur la nécessité
d’une chimioprophylaxie associée à l’observance
d’une protection contre les piqûres de
moustiques. Les voyageurs doivent être informés
des possibles interactions pharmacocinétiques
entre les antipaludiques et les HAART (Highly
Active Antiretroviral Therapy). La méfloquine,
la chloroquine, la cloroquine-proguanil et la
doxycycline pourraient voir leurs concentrations
diminuées en raison de leurs interactions potentielles
avec les INNTI (inhibiteurs non nucléosidiques
de la transcriptase inverse). La visite des
grottes et caves contenant des spores d’Histoplama
est à déconseiller. Quant aux vaccinations,
les vaccins vivants sont contre-indiqués ;
cependant les vaccins vivants atténués antiamaril
et antirougeoleux peuvent être administrés si
le nombre de lymphocytes CD4 est supérieur à
200/mm3. L’immunogénicité des vaccins est diminuée
et la durée de la protection est plus
courte que celle des personnes immuno-compétentes,
ce qui justifie le contrôle de la séroconversion
après vaccination et l’injection éventuelle
de doses supplémentaires. La vaccination
peut entrainer une augmentation transitoire de
la charge virale, ce qui semble sans conséquence
clinique péjorative. Tout voyage à l’étranger est
à éviter les premières semaines après l’introduction
ou la modification d’un traitement antirétroviral,
en raison des effets indésirables plus
fréquents en début de traitement et aussi parce
qu’il convient de contrôler la réponse au traitement.
(publié le 9 décembre 2008)
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