Actualités en mycologie, parasitologie et médecine des voyages

Journées conjointes Société Française de Mycologie Médicale, Société Française de Parasitologie, Société de Médecine des Voyages.
Angers, 19-21 mai 2010
Dr Brigitte BIARDEAU, ACMS

Les mycoses exotiques

Ces journées ont été l’occasion de rappeler un certain nombre de pathologies auxquelles il faut penser systématiquement afin d’éviter les errances diagnostiques.

L’histoplasmose

Il en est ainsi de l’histoplasmose, la mycose systémique d’importation la plus fréquente en France. La maladie se manifeste par une primo-infection pulmonaire (incubation de 3 à 21 jours selon l’intensité de l’inoculum) et les symptômes sont ceux d’un syndrome pseudogrippal.

Les facteurs de dissémination sont une immuno-suppression cellulaire (VIH, affections malignes, corticothérapie, etc...).

Histoplasma capsulatum à l’origine de la maladie, se retrouve dans les sols riches en produits azotés avec des conditions particulières d’humidité et de pH. Le rôle des oiseaux (production de guano) et chauves-souris est prédominant (excréments azotés).

Les zones d’endémie sont :

  • la moitié Est des USA (le bassin du Mississipi et de l’Ohio), c’est-à-dire de la région des grands lacs jusqu’au Sud-Est des USA,
  • l’Amérique centrale et du Sud (dont la Guyane),
  • les Antilles (Martinique et Guadeloupe),
  • l’Afrique tropicale (avec des chiffres discordants),
  • l’Asie, l’Inde et la Chine,
  • la Nouvelle Calédonie.

Les lieux à haut risque sont : les grottes (en lien avec la présence de chauves-souris), les arbres, les abris, les nichoirs et poulaillers.

Les activités à haut risque sont la spéléologie, la visite de grottes, le nettoyage des locaux contaminés, les travaux de terrassement, l’exposition aux poussières ; la contamination se faisant par l’inhalation de spores. On trouve généralement plusieurs cas semblables chez les personnes ayant partagé les mêmes activités.

Après contamination, des levures peuvent rester vivantes dans l’organisme toute la vie du sujet et se réactiver secondairement (sous forme d’une infection localisée ou systémique).C’est pour cela qu’il faut évoquer ce diagnostic en cas de pneumopathie ne répondant pas au traitement classique, de manifestations cutanéo muqueuses chroniques, d’une pancytopénie fébrile, d’un choc septique, d’une endocardite embolisante, d’une méningite chronique ou d’un abcès surrénalien.

130 cas d’histoplasmose sont rapportés chaque année (la moitié probablement des cas existants). En l’absence de voyage, la contamination peut être en lien avec une transplantation d’organe ou une contamination de laboratoire.