Cet article analyse les contraintes des ouvriers
du bâtiment et des travaux publics, à partir des
résultats de l’enquête SUMER 2002-2003. Les
ouvriers du bâtiment cumulent plusieurs
contraintes physiques : manutention manuelle,
gestes répétitifs, contraintes posturales, conduite
de machine mobile, travail avec des outils transmettant
des vibrations. Ces différentes
contraintes pour le dos et les articulations peuvent
entraîner des effets sur la santé : lésions du
rachis (lombalgies, sciatiques par hernie discale),
pathologies d’hypersollicitation des membres supérieurs
(tendinites, syndrome du canal carpien),
atteintes rhumatologiques des membres
supérieurs, inférieurs ou du rachis. Les ouvriers
du bâtiment sont aussi davantage exposés que
les autres ouvriers aux produits chimiques et
cancérogènes (poussières de bois, silice cristalline,
gaz d’échappement diesel, goudrons de
houille et dérivés, huiles entières minérales,
amiante). Ils sont aussi plus exposés aux produits
reprotoxiques que les autres (plomb et ses
dérivés). Ils peuvent être exposés à des agents infectieux
(leptospirose). Leur durée de travail
hebdomadaire est souvent comprise entre 35 h
et 40 h. Ils sont confrontés à une organisation
moins contraignante en moyenne et ils déclarent
disposer de plus de latitude décisionnelle et de
soutien social au sein de l’entreprise que les ouvriers
des autres secteurs. Les intérimaires sont
soumis à plus de pénibilités et de contraintes organisationnelles
que les autres ouvriers du secteur.
(publié le 11 décembre 2008)
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