Les ouvriers du bâtiment et des travaux publics

B. ARNAUDO, M.C. FLOURY, L. VINCK Documents pour le Médecin du travail, DMT. - 2008. - N° 113. - Pages 81-89. - Bibliographie
Cet article analyse les contraintes des ouvriers du bâtiment et des travaux publics, à partir des résultats de l’enquête SUMER 2002-2003. Les ouvriers du bâtiment cumulent plusieurs contraintes physiques : manutention manuelle, gestes répétitifs, contraintes posturales, conduite de machine mobile, travail avec des outils transmettant des vibrations. Ces différentes contraintes pour le dos et les articulations peuvent entraîner des effets sur la santé : lésions du rachis (lombalgies, sciatiques par hernie discale), pathologies d’hypersollicitation des membres supérieurs (tendinites, syndrome du canal carpien), atteintes rhumatologiques des membres supérieurs, inférieurs ou du rachis. Les ouvriers du bâtiment sont aussi davantage exposés que les autres ouvriers aux produits chimiques et cancérogènes (poussières de bois, silice cristalline, gaz d’échappement diesel, goudrons de houille et dérivés, huiles entières minérales, amiante). Ils sont aussi plus exposés aux produits reprotoxiques que les autres (plomb et ses dérivés). Ils peuvent être exposés à des agents infectieux (leptospirose). Leur durée de travail hebdomadaire est souvent comprise entre 35 h et 40 h. Ils sont confrontés à une organisation moins contraignante en moyenne et ils déclarent disposer de plus de latitude décisionnelle et de soutien social au sein de l’entreprise que les ouvriers des autres secteurs. Les intérimaires sont soumis à plus de pénibilités et de contraintes organisationnelles que les autres ouvriers du secteur.
(publié le 11 décembre 2008)