Les pneumopathies d’hypersensibilité (PHS)
sont des pneumopathies de mécanisme immunoallergique
dues à l’inhalation chronique d’antigènes
organiques ou chimiques auxquels le sujet
a été préalablement sensibilisé. Les antigènes le
plus souvent impliqués dans les PHS sont des
micro-organismes bactériens et fongiques, mais
des substances protéiques animales, des agents
chimiques ou des métaux peuvent également
être en cause. Les PHS sont actuellement décrites
dans des nouvelles circonstances : des PHS
liées au méthyl-méthacrylate chez des prothésistes
dentaires et des PHS en milieu agricole où
l’évolution des techniques a modifié la flore microbienne
des produits agricoles et des fourrages,
ce qui conduit à suspecter de nouvelles
substances antigéniques. La prévalence des PHS
se situe généralement entre 0,2 % et 1,5 %
lorsque les critères diagnostiques associent les
questionnaires sur les sites cliniques et l’exposition,
sérologies et explorations fonctionnelles
respiratoires ou radiologiques. Parmi les sujets
exposés à des quantités élevées d’antigènes, seulement
5 à 10 % développent la maladie. En revanche,
50 % développent des réactions immunologiques
humorales et cellulaires ; il existe
probablement des facteurs de « promotion » et de
« protection » qui influencent les réponses individuelles
aux agents inhalés. La PHS survient plus
fréquemment chez les non-fumeurs que chez les
fumeurs. Le sexe et l’âge n’influencent pas le
risque d’apparition de la maladie qui peut survenir
à tout âge. Des formes familiales de PHS ont
été rapportées. La forme aiguë des PHS se manifeste
par un syndrome pseudo-grippal et des
râles crépitants constants. La forme subaiguë se
caractérise par une dyspnée avec toux et altération
de l’état général avec persistance des râles
crépitants. La forme chronique est marquée par
une fibrose interstitielle diffuse ou par une bronchopneumopathie
chronique obstructive. Le diagnostic
est confirmé par la radiologie qui
montre un syndrome interstitiel micronodulaire
et des opacités en verre dépoli entrecoupées
d’hyperclartés (aspect en mosaïque très évocateur).
Le lavage broncho-alvéolaire très sensible
montre une alvéolite lymphocytaire, des macrophages
spumeux et souvent des mastocytes et
des plasmocytes. La présence de précipitines est
évocatrice du diagnostic. Le diagnostic différentiel
se pose avec les infections, les fièvres d’inhalation,
les autres granulomatoses pulmonaires,
les maladies systémiques et les pneumopathies
interstitielles fibrosantes. L’évolution se fait vers
une fibrose ou un emphysème en fonction du
type de PHS et du mode d’exposition. Le traitement
nécessite l’éviction ou la réduction de l’exposition
et la corticothérapie. La prévention collective
repose sur l’amélioration de
l’environnement professionnel. Si le reclassement
du salarié malade est impossible, la poursuite
de l’activité professionnelle est possible
sous réserve d’aménagement des conditions de
travail et du port du masque de protection respiratoire.
Plusieurs tableaux de maladies professionnelles
font mention des PHS, mais le libellé
des tableaux est hétérogène en ce qui concerne
la liste des principaux travaux susceptibles de
provoquer les maladies. La reconnaissance est
également possible dans le système complémentaire
selon expertise du Comité Régional de Reconnaissance
des Maladies Professionnelles
(CRRMP). L’évaluation du taux d’IPP est mal
adaptée selon les auteurs, car il ne prend en
compte que la fibrose pulmonaire secondaire et
non la DLCO (Index des capacités d’échanges
gazeux pulmonaires et en particulier de l’oxygène).
(publié le 22 septembre 2008)
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