Majoration d’une dyspnée chez une coiffeuse

F. DESCHAMPS Le Concours Médical. - 2008. - Tome 130. - N° 2. - Pages 61-62. - Bibliographie

L’augmentation d’une dyspnée remontant à une dizaine d’années chez une coiffeuse de 36 ans conduit son médecin traitant à évoquer le diagnostic de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Le sevrage tabagique est insuffisant pour limiter le nombre de crises dyspnéiques.

Le médecin traitant considérant que les effets délétères de son exposition professionnelle sont déterminants, demande une visite de préreprise du travail auprès du médecin du travail.

Celui-ci informé des résultats des investigations complémentaires (avec l’accord du salarié) obtient de l’employeur un reclassement professionnel (de coloriste, la salariée devient coiffeuse polyvalente). Après une amélioration passagère, la dyspnée continue, s’installe de nouveau en liaison avec les produits de coiffure utilisés dans le salon. Afin de préserver le capital santé de cette salariée, un reclassement professionnel doit être envisagé, après un bilan de compétence qui lui permettra d’identifier différents métiers susceptibles de l’intéresser dans le cadre de sa reconversion. Eu égard à son ancienneté et à son appartenance au régime général des salariés du privé, cette coiffeuse peut bénéficier de financements de stages. Une déclaration de maladie professionnelle pourrait être envisagée mais aucun tableau ne correspond à sa situation : en effet, seuls les BPCO touchant les mineurs de fer, de charbon ou les ouvriers du textile sont inscrites à un tableau de maladie professionnelle.

En revanche, une déclaration hors tableau soumise à un collège d’experts composant le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles peut être envisagée, non pour obtenir une rente mais pour faciliter sa réinsertion professionnelle.

A court terme, il est indéniable que le médecin du travail devra prononcer une inaptitude médicale à poursuivre l’activité de coiffeuse.

(publié le 11 décembre 2008)