A l’échelle mondiale et selon les sources, 210 000 à plusieurs dizaines de millions d’opérateurs seraient susceptibles d’être concernés par les nanoparticules. Entre 1 500 et 2 000 sociétés seraient impliquées.
Les répercussions sur la santé des nanoparticules sont encore inconnues. Les quelques données disponibles proviennent d’études réalisées sur des animaux ou sur des cellules. Ce qui est certain, c’est que la taille nanométrique présente une autre toxicité que celle des mêmes composants à leur dimension macro ou microscopique. De nombreuses questions restent en suspens : "quels sont les enjeux économiques, éthiques, sanitaires, juridiques, sociétaux ? Quelles révolutions et quelles avancées nous promet cette nouvelle dimension ? ".
En l’absence d’informations, il est prudent de limiter l’exposition des consommateurs et de l’environnement ; cela suppose une élaboration des procédés de fabrication, des équipements et l’aménagement des postes de travail, notamment un captage des polluants à la source avec des systèmes en dépression totale, voire des systèmes à flux laminaire et une filtration de l’air avant tout rejet dans l’atmosphère.
L’expérience montre toutefois que la plupart du temps, les entreprises se concentrent en priorité sur la protection des personnes et misent sur les EPI (équipements de protection individuelle). La voie de pénétration des nanoparticules se faisant par voie respiratoire, digestive ou cutanée, il s’ensuit la nécessité du port d’appareils respiratoires, mais aussi de gants étanches, de lunettes équipées de protections latérales, de combinaisons complètes avec capuche et serrage aux poignets, chevilles et cou., etc..
Le problème est qu’il n’existe pas de méthode de mesure faisant l’unanimité pour caractériser le niveau d’exposition professionnelle pas plus qu’il n’est d’appareil adapté. De surcroît, il n’existe pas de VLEP (valeur limite d’exposition professionnelle) ni en France, ni en Europe.
L’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) adhère au principe de précaution et recommande notamment un étiquetage clair et l’assurance de la traçabilité des nanomatériaux.
Certains produits testés ne sont guère rassurants, ainsi les chaussettes anti-odeurs qui contiennent des nanoparticules d’argent, le ciment aux propriétés autonettoyantes et assainissantes qui expose au titane, la crème solaire filtrant les UV qui expose au dioxyde de titane ou le sucre en poudre qui contient de la nanosilice !
(publié le 21 juillet 2010)
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