Oeil et pathologie professionnelle

J.M. Ebran Encyclopédie Médico-Chirurgicale, Elsevier Masson, Issy-les-Moulineaux, 2009, Ophtalmologie, 21-800-A-10, 7p. Bibliographie
L’auteur dresse ici un vaste panorama des affections professionnelles en ophtalmologie : les maladies reconnues comme maladies professionnelles et les accidents du travail. Ces derniers ont nettement diminué (de 40% en 15 ans), en lien avec les mesures de prévention, mais les travailleurs les plus touchés restent les ouvriers de la métallurgie et ceux des travaux publics. Ces accidents du travail sont dominés par les contusions et les plaies du globe avec ou sans corps étranger intraoculaire, ainsi que par les brûlures oculaires (thermiques ou par substances chimiques), particulièrement graves.
Les agents physiques (radiations ultraviolettes, lumière blanche, radiations infrarouges, laser) sont responsables de différentes pathologies allant de la classique ophtalmie des neiges en règle bénigne, à la DLMA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) en passant par les cataractes, les kératoconjonctivites, les phototraumatismes rétiniens, les nécroses tissulaires, les troubles de la vision des couleurs.
Les radiations ionisantes induisent très rarement des cataractes en milieu professionnel du fait des mesures de radioprotection et du respect des limites réglementaires d’exposition.
La pathologie ophtalmologique peut aussi avoir une origine infectieuse (infections bactériennes, parasitaires, infections virales dont la kératoconjonctivite virale épidémique hautement contagieuse et le plus souvent due à un adenovirus).
Nombreuses sont les pathologies professionnelles d’origine irritative (minérale, végétale, animale ou chimique se caractérisant le plus souvent par des blépharoconjonctivites récidivantes) ou allergique (à confirmer par des tests cutanés).
Il existe aussi des atteintes oculaires au cours des intoxications professionnelles, telles que l’argyrose, l’intoxication au sulfure de carbone, le benzolisme.
Enfin, la généralisation de l’emploi des écrans d’ordinateur entraîne une fatigue oculaire avec parfois baisse des performances visuelles sans qu’il y ait de corrélation directe entre l’importance de la symptomatologie subjective et les mesures objectives des fonctions visuelles. Les conditions de travail jouent un très grand rôle dans l’apparition de la fatigue visuelle, et particulièrement l’environnement de travail (climatisation, présence de substances polluantes dans l’air ambiant, ergonomie du matériel et de l’organisation).
"Enfin, la chirurgie réfractive permet dans un grand nombre de cas de s’affranchir du port de verres correcteurs ou de lentilles de contact, ce qui améliore les conditions de travail mais ouvre également certains emplois à des personnes qui n’y auraient pas eu accès du fait de leur amétropie".
(publié le 1er mars 2010)