Open space - Réunis pour le meilleur et pour le pire

A. Bondéelle, G. Brasseur, A. Guibert, C. Larcher, C. Ravallec, D. Vaudoux Travail et Sécurité, 2009, n°697, p.16-31

En 2008, 60% des salariés du secteur tertiaire en Ile-de-France et 50% des bureaux en France sont en open space. Les raisons : le prix de l’immobilier et les contraintes organisationnelles. Ces espaces optimisés peuvent se révéler source de stress et de risques psychosociaux en raison de nuisances élevées (bruit, absence de confidentialité, sentiment d’être surveillé, gestion difficile de l’éclairage et de la climatisation, etc.). Tout cela peut induire baisse d’efficacité et divers dysfonctionnements. Si en théorie, l’open space favorise le travail collectif, en réalité le collectif de travail devient un lieu d’interactions entre les personnes avec des relations psychosociales parfois difficiles. Il faut dès lors tenir compte des contraintes du métier et des contraintes psychoaffectives des personnes. "Les facteurs de risque apparaissent quand il y a conjonction entre des facteurs négatifs liés à l’organisation du travail et des facteurs négatifs liés à l’espace du travail". Il faut vérifier les besoins de chacun et penser que le salarié doit travailler mais également pouvoir bouger, se déplacer, échanger des informations ou discuter avec ses collègues. L’important est de mettre en place des espaces secondaires ou "espaces de repli" tels que salles insonorisées, alvéoles plus ou moins meublées, où l’individu pourra régler différents niveaux d’échanges sans perturber l’espace dédié au travail collectif. Un sondage en 2005 montrait 21% seulement de personnes satisfaites de leur cadre de travail en open space. Il est important "d’évaluer régulièrement les lieux et leur usage afin de vérifier que les intentions du management restent en adéquation avec la perception des lieux qu’en ont les salariés usagers" .

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(publié le 14 décembre 2009)