Pharmacologie des vaccins

E. Autret-Leca, H. Cissoko, F. Beau-Salinas, A-P. Jonville-Béra La Revue du Praticien Médecine Générale, 2011, vol.25, n°869, pp.715-718. Bibliographie
La particularité d’un vaccin est qu’il s’adresse à des sujets en bonne santé. Son bénéfice individuel est différé alors que son risque éventuel est souvent immédiat, parfois retardé.
Afin d’identifier et de gérer les éventuels effets indésirables (EI), un système de pharmacovigilance est en place, basé sur la notification spontanée, fondamentale pour gérer les alertes qui seront ou non confirmées par des études pharmaco-épidémiologiques.
Les EI sont à déclaration obligatoire s’ils sont graves ou inattendus, mais la déclaration spontanée est loin d’être exhaustive par ignorance, méconnaissance des conséquences en termes de santé publique et lourdeur du suivi des dossiers (on estime que seuls 1 à 10% des EI graves sont notifiés).
Tout cela justifie un suivi systématique des données post-AMM à long terme.
Certains vaccins ont nécessité des études complémentaires.
Il en est ainsi du vaccin contre l’infection par le virus de l’hépatite B . Les conclusions sont qu’il n’y a pas de risque de SEP chez l’enfant. Par contre, en 2004, une étude cas-témoins a conclu à une association significative chez l’adulte dans les 3 ans qui suivent la vaccination sans que ne soient remises en cause les recommandations vaccinales en vigueur.
En outre, des cas de narcolepsie signalés chez des adolescents vaccinés par PANDEMRIX® (grippe H1N1) sont en cohérence avec une étude finlandaise qui a montré une augmentation du risque de narcolepsie (OR : 12,7) chez les enfants et les adolescents âgés de 4 à 19 ans.
Par contre le vaccin ROR a été innocenté et il n’a pas pas été montré d’augmentation de la fréquence de la maladie de Crohn en relation avec le programme de vaccination ROR (en dépit d’une association avancée par des chercheurs britanniques).
Enfin, il faut citer certains effets indésirables liés à l’antigène qui ont engendré des nouvelles recommandations vaccinales. Ainsi, le vaccin poliomyélitique oral n’est plus recommandé depuis 1982 en France ; la souche URABE a été retirée du vaccin ROR (en raison de l’apparition de méningites lymphocytaires d’origine ourlienne) ; le vaccin antirotavirus a vu son AMM suspendue en raison de cas d’invaginations intestinales dans la semaine suivant la vaccination.
Certains effets non spécifiques (réactions inflammatoires locales et générales) peuvent être liés à la présence d’adjuvants comme l’hydroxyde d’aluminium qui serait à l’origine d’un tableau clinique chronique de myofascite à macrophages.
Enfin les patients atteints de déficit immunitaire peuvent ne pas tirer bénéfice d’une vaccination avec les vaccins inactivés et courent un plus grand risque avec les vaccins vivants.
(publié le 30 janvier 2012)