Pneumopathies interstitielles professionnelles.

P. DE VUYST, J.C. DALPHIN. La Revue du Praticien. - 2007. - Vol. 57. - N° 20. - Pages 2266-2276. - Bibliographie.

Les pneumopathies interstitielles professionnelles comportent les pneumoconioses et les pneumopathies d’hypersensibilité. Les pneumoconioses sont liées à l’inhalation et à la rétention de particules inorganiques, minérales ou métalliques. Elles sont liées à une surcharge débordant les mécanismes d’épuration. La réponse inflammatoire du poumon peut se limiter à une simple accumulation de macrophages surchargés de poussières mais aussi être plus importante et mener à une fibrose pulmonaire grave, cause potentielle de décès par insuffisance respiratoire. Parmi les pneumoconioses : la silicose (exposition à la silice), l’anthracosilicose (exposition à la poussière de mine comprenant charbon, silice et silicates), l’asbestose (exposition aux fibres d’amiante), les silicatoses (expositions massives au talc, au kaolin, au mica), les pneumoconioses métalliques liées au cobalt ou au béryllium, la pneumoconiose du prothésiste dentaire (exposition à de multiples aérocontaminants). Le diagnostic des pneumoconioses utilise la tomodensitométrie, le lavage broncho-alvéolaire ou même l’histologie dans les formes rares. Le problème est que le clinicien a tendance à ne plus connaître ces maladies « du passé ». Actuellement, les cas diagnostiqués résultent d’exposition anciennes ou d’expositions inhabituelles. Il ne faut pas oublier cependant, que dans les pays émergents, certaines conditions de travail permettent le développement de ces pathologies.

Les pneumopathies d’hypersensibilité sont de mécanisme immuno-allergique et dues à l’inhalation chronique d’antigènes le plus souvent organiques, parfois chimiques de faible poids moléculaire (maladie du poumon de fermier, maladie des éleveurs d’oiseaux). La connaissance des principales manifestations et formes cliniques, conjuguée à l’identification d’un environnement professionnel ou extraprofessionnel à risque, doit conduire le praticien à suspecter précocement le diagnostic avant que la maladie n’évolue vers des lésions pulmonaires irréversibles. La sérologie, l’hyperlymphocytose au lavage alvéolaire et une imagerie caractéristique sont des éléments clés du diagnostic. Le traitement repose sur l’éviction antigénique ou au moins sur la réduction importante du niveau d’exposition.

(publié le 22 septembre 2008)