Actuellement, 25 000 personnes travaillant dans
les pressings commerciaux et industriels sont
susceptibles d’être en contact avec le PERC (perchloroéthylène)
qui constitue le principal risque
chimique dans le secteur du nettoyage à sec en
raison de sa volatilité. Le PERC pénètre facilement
par les voies respiratoires où l’absorption
est rapide et partiellement, sous forme liquide
par voie cutanée. Il s’accumule dans les tissus
riches en lipides. Etiqueté solvant nocif pour la
santé, et inscrit au tableau N° 12 des maladies
professionnelles, il a pour organes-cibles le système
nerveux central, le foie et le rein. Il est actuellement
classé cancérogène Catégorie 3, irritant
pour la peau et susceptible de provoquer
somnolence ou vertiges en cas d’inhalation de
vapeurs. Afin de faire le point sur les concentrations
auxquelles sont exposés les opérateurs de
pressings, une série de mesurages a été menée
dans deux pressings industriels et trois pressings
commerciaux. Les concentrations en vapeur de
PERC ont été mesurées par différentes techniques
: badges portés par les salariés volontaires
et système CAPTIV (logiciel permettant de
piloter l’acquisition de données issues de capteurs
et d’images enregistrées via des caméras
numériques qui seront ensuite synchronisées et
permettront de corréler un pic de pollution à
une phase précise du poste de travail). Des mesures
ont également été effectuées en ambiance
et au-dessus des hublots de machines. Il apparaît
que les opérateurs machine sont fréquemment
soumis à des pics d’exposition au PERC pouvant
atteindre 1 000 ppm à chaque ouverture de
hublot. Globalement, 80 % des profils d’exposition
présentent au moins un pic égal ou supérieur
à 100 ppm pendant une minute ou plus
avec une nette prédominance dans les pressings
industriels. D’autres opérations sont particulièrement
polluantes : le raclage des boues
(175 ppm pendant 45 minutes dans un pressing
commercial, occasionnant un large dépassement
de la valeur STEL tant en concentration qu’en
durée et des pics de concentration de 150 à
200 ppm durant 4 à 10 minutes dans les pressings
commerciaux) et le nettoyage des filtres
(pics de concentration pouvant atteindre
1 000 ppm) pendant une brève durée. La prévention
repose sur l’information du personnel
des dangers du PERC. Il est important de rappeler
que le hublot sera ouvert uniquement pour le
chargement ou le déchargement du tambour (et
non pendant le cycle de nettoyage pour y ajouter
un article). Des captages efficaces seront mis
en place. L’évacuation des déchets doit s’effectuer
dans des fûts fermés et stockés à l’extérieur.
Les machines seront entretenues régulièrement
pour éviter les fuites de solvant. L’avenir est
dans des machines de nouvelle génération (filtre
à charbon régénérable dans le circuit pour une
épuration complémentaire de l’air de séchage,
condenseur amélioré par une réfrigération, ouverture
de hublots impossible en dehors des
cycles programmés, raclage et évacuation automatique
des boues) et dans des types de machines
utilisant des produits de substitution au
PERC.
(publié le 23 septembre 2008)
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