Prothésistes. Une dent contre le béryllium

G. BRASSEUR Travail et Sécurité, 2008., n° 682, p. 41- 42

Pour la conception de prothèses, la profession utilise des alliages métalliques dont les alliages au béryllium. Or le béryllium est classé toxique et cancérogène de catégorie 2 par l’ Union européenne.

Le secteur des prothésistes dentaires a beaucoup avancé dans la procédure de substitution.

Actuellement un établissement sur 7 est concerné par l’usage du béryllium contre 1 sur 2 au début des années 1990. Une entreprise de Vendée a fait appel à la CRAM des Pays-de-la- Loire. Des expositions importantes sont constatées aux postes de fusion et de grattage. Les prélèvements de surface révèlent que des dépôts sont formés un peu partout : paillasses, sols, hottes : le risque est jugé significatif pour les opérateurs. Le laboratoire opte alors pour le cobalt- chrome et modifie les fraises pour l’usinage.

Le procédé et le temps de travail restent identiques mais la qualité du produit est améliorée tant du point de vue de la résistance que de la brillance. Des aspirations à la source ont été mises en place aux postes de grattage et de polissage permettant d’améliorer le confort des opérateurs. L’espace est dorénavant plus large, éclairé par la lumière naturelle avec des aspirations intégrées aux postes. De nouvelles mesures indiquent une forte diminution des expositions.

Le remplacement des alliages au béryllium par des alliages au chrome-cobalt a généré une augmentation de 5 % du prix de la matière première mais la réduction des expositions des salariés est évidente.

(publié le 11 décembre 2008)