Résumé
Objectifs
Le but de l’étude est d’évaluer les contraintes posturales et gestuelles des conducteurs de ces nouvelles bennes à chargement latéral (BCL) et de proposer des pistes d’amélioration.
En effet, lors de cette collecte, un seul salarié conduit une benne semi-automatisée, munie d’un bras articulé. Il s’arrête devant les conteneurs et actionne depuis sa cabine, le bras articulé au moyen d’un joystick et d’un écran de contrôle.
Méthode
- Observation du poste de conducteur de BCL et participation à plusieurs collectes.
- Analyse du vécu des conditions de travail des salariés par questionnaire anonyme standardisé.
- Enregistrement des vibrations de cabine.
- Observations vidéos et enregistrements simultanés des postures de travail et des efforts musculaires (logiciel Captiv®).
Résultats
Les postures de travail sont contraignantes : en rotation vers la droite lors de la manipulation du bras articulé, en gardant le bassin dans l’axe pour manœuvrer les pédales.
Les gestes à réaliser nécessitent une grande dextérité et une excellente coordination : en l’absence d’incident, 16 actions sont effectuées au joystick en moins de 20 secondes.
La charge mentale de travail est élevée : prise d’informations parfois difficile (angles morts, zones d’ombre, éblouissement), saisie du conteneur dans un environnement en mouvement, risque d’accidents (matériel ou humain), rythme rapide (400 à 700 conteneurs par poste), stress ressenti par un grand nombre de conducteurs.
Les conducteurs se plaignent de douleurs de l’épaule et du bras droits (75%), de rachialgies(69 %), de céphalées (50%) et de douleurs de la hanche droite (50%).Les douleurs de la nuque sont vécues comme les plus pénibles (7,5/10 sur l’échelle de BORG).Le niveau des vibrations mesuré dans la cabine (0,39 m/s2) est inférieur au seuil déclenchant l’action de prévention réglementaire (0,5 m/s2).
Les mesures des contractions musculaires (par électromyogrammes) et des angles articulaires (par goniométries) montrent des niveaux acceptables. Cependant, l’observation des conducteurs et le vécu des salariés révèlent la complexité des tâches à effectuer sur un rythme très rapide : la durée moyenne d’un cycle de mobilisation du bras articulé est inférieur à 11 secondes ; la phase la plus longue dure moins de 3 secondes ; la moitié des 9 phases dure moins de 1 seconde.
La vigilance est maximale en permanence, les seuls moments « de repos » sont les déplacements de la benne d’un lieu de collecte à l’autre.
Conclusion
Ce qui était un travail peu qualifié à forte charge physique est devenu un poste à charge mentale élevée. Les pistes d’amélioration sont notamment : la réduction des plages de travail, l’optimisation du positionnement des conteneurs et le signalement pro actif des incidents de collecte.
Abstract 
Objectives
The aim of this study was to evaluate the postural and movement constraints of drivers of new side-loading dustcarts (SLDs) and to propose possible improvements. In this method of rubbish collection, a single operator drives a semi-automated dustcart equipped with an articulated arm. The driver stops in front of the containers and operates the articulated arm from the cab of the vehicle, via a joystick and control screen.
Methods
- Observation of the driver in the seat of the SLD and participation during several rubbish collection runs.
- Analysis of the employee’s experience of working conditions through standardised anonymous questionnaires.
- Recording of vibrations in the driver’s cab.
- Video observations and simultaneous recordings of working positions and muscle effort (Captiv® software).
Results
Drivers work in constrained positions : with rotation of the upper body towards the right during manipulation of the articulated arm, whilst keeping the pelvis straight in the vertical axis to operate the pedals.
The movements require considerable dexterity and excellent co-ordination : during incident-free operation, the driver must carry out 16 actions with the joystick in less than 20 seconds.
The work is mentally demanding : information gathering, often in difficult conditions (blind spots, shaded areas, glare from strong sunlight), grabbing of the container in a moving environment, risk of accidents (material or human), rapid work rate (400 to 700 containers to be dealt with per SLD operator), stress felt by many drivers.
The drivers complain of pains in the shoulder and right arm (75%), backache (69 %), headache (50%) and pain in the right hip (50%). The worst pain was reported to be that in the nape of the neck (7.5/10 on the BORG scale). The vibrations measured in the cab (0.39 m/s²) were below the threshold at which preventive action is mandatory (0.5 m/s²). Muscle contraction measurements (electromyograms) and joint angles (goniometry) were within the acceptable range. However, observations of drivers and the experiences reported by the employees revealed the complexity of the tasks to be carried out at a very rapid rate : the mean duration of an articulated arm mobilisation cycle is less than 11 s, with the longest phase lasting less than 3 s and half the nine phases lasting less than 1 s.
Drivers must be extremely vigilant at all times, the only moments of “rest” being the time during which the dustcart is being driven from one collection point to the next.
Conclusion
What was once a heavily physical job for poorly qualified staff has now become mentally demanding. Improvements could be made in the following areas : decrease in working hours, optimisation of the positioning of the containers and proactive notification of incidents during rubbish collection runs.
[1] médecin du travail
[2] médecin du travail et spécialiste de biomécanique au GESMED (Groupe d’Etudes Spécialisées pour le maintien dans l’Emploi et le Diagnostic)
[3] médecin du travail et ergonome au GESMED
[4] intervenant en prévention des risques professionnels (IPRP)
[5] ingénieur HSE, IPRP