Objectifs
Les déchets biomédicaux (DBM) constituent de nos jours un véritable problème sanitaire et environnemental. C’est dans ce cadre qu’une étude a été menée au niveau des cinq hôpitaux de Dakar pour y analyser la gestion et formuler des recommandations.
Méthodologie
Il s’agit d’une étude transversale descriptive qui s’est déroulée du 1er avril au 31 juillet 2010 au niveau des cinq grands hôpitaux de Dakar. Un questionnaire administré aux responsables des hôpitaux, chefs de services, surveillants de services et responsables de l’hygiène hospitalière et un entretien avec les personnels de soins et les opérateurs d’incinérateurs, avaient permis d’apprécier les mécanismes et les connaissances sur la gestion des DBM. L’analyse du contenu des entretiens, des observations et une fiche de saisie des données avaient permis de traiter les données recueillies.
Résultats
Sur les 150 questionnaires distribués, 98 réponses étaient obtenues, soit un taux de réponse de 65,3 %. Un entretien avec 75 travailleurs directement impliqués dans la gestion des DBM et des observations sur la gestion des DBM au niveau des 86 services étaient réalisés.
Les déchets tranchants et piquants et ceux de sang et fluides étaient retrouvés dans tous les services à l’exception des pharmacies, les déchets pharmaceutiques dans 66 services, les déchets infectieux dans 49 services et les déchets anatomiques dans 11 services.
Le tri des DBM était inadapté dans 53,5 % (n = 46) des services et l’utilisation du système de codage par couleur, effective dans 31,4 % (n = 27) des services. Des boîtes de sécurité pour le recueil des objets tranchants et piquants étaient disponibles dans 82,5 % (n = 71) des services et leur utilisation effective dans 51,1 % (n = 44) d’entre eux. Dans la majorité des services, un conditionnement inadapté était noté sous la forme d’une utilisation de bouteilles et poubelles en plastique pour le recueil et d’un remplissage à ras bord des boîtes de sécurité avec des débordements.
A l’exception de l’hôpital Principal, le lieu de stockage central était à ciel ouvert, non sécurisé avec des DBM jonchant le sol et souvent mélangés aux déchets assimilés à des ordures ménagères. Le transport des DBM vers le lieu de stockage central se faisait à l’aide de tables roulantes ou chariots dans 67,4 % (n = 58) des services et de brouettes dans 33,7 % (n = 29). L’élimination des DBM était effectuée dans de vieux incinérateurs ou à l’aide d’un four artisanal avec d’importantes émanations de fumées.
Les conditions de travail étaient jugées mauvaises par 81,3 % (n = 61) des travailleurs interviewés et les équipements de protection individuelle (EPI) disponibles dans 45,3 % (n = 39) des services.
Les connaissances sur la gestion des DBM étaient jugées suffisantes par 62,6 % (n = 47) des interviewés et les risques sanitaires liés aux DBM connus par 80 % (n = 60).
Conclusion
La gestion défectueuse des DBM est une réalité au niveau des structures hospitalières de Dakar et sa résolution passe par la sensibilisation des responsables pour une application effective de la législation, la mise en œuvre de programmes de gestion réalistes et la formation adaptée et continue du personnel.

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