Objectif : évaluer auprès des opérateurs d’une entreprise de collecte d’ordures ménagères (ripeurs et conducteurs) leur perception du métier, leur habitus de vie et l’application de la prévention. Méthode : enquête transversale, menée en 2007 par 7 médecins du travail, au cabinet médical et en entreprise.
Résultats : les 205 salariés interrogés sont des hommes d’un âge moyen de 41 ans. Il y a 49,3 % de ripeurs, 34,6 % de conducteurs et 16,1 % de conducteurs-ripeurs. Les 18 % d’intérimaires sont le plus souvent des ripeurs. L’ancienneté est en moyenne de 12 ans, plus importante chez les conducteurs.
Les salariés pensent exercer un métier à risque, en particulier les ripeurs
(p < 0,001). Ils utilisent
les équipements de protection individuelle à disposition, sont informés des consignes de sécurité et
déclarent les incidents. Plus de la moitié des conducteurs ou des ripeurs pense qu’il serait nécessaire
de bénéficier d’une formation initiale. Parmi les thèmes d’information proposés : 42,9 %
souhaitent bénéficier d’une information sur la formation professionnelle.
La collecte est considérée comme pénible par près des deux tiers des salariés. Les difficultés signalées sont surtout liées à la circulation et à la pénibilité. Les horaires de travail, le travail en extérieur et le service au public sont appréciés. Le métier apparaît valorisant. Les relations entre collègues et avec la hiérarchie de proximité sont rapportées comme bonnes.
Les salariés déclarent être attentifs à leur santé et à leur alimentation. L’indice de masse corporelle moyen est de 25,3. Les salariés déclarent dormir suffisamment, ne pas boire régulièrement de boissons alcoolisées et pour plus de la moitié d’entre eux, ne pas être fumeurs. Un cinquième des salariés dit souffrir d’une maladie, parmi eux un quart la relie au travail. Plus d’un quart des salariés rencontre des difficultés sociales. Parmi les salariés interrogés, 10 % ont une autre activité professionnelle.
Discussion - conclusion : ces métiers sont dangereux et pénibles pourtant ils sont vécus comme valorisants et satisfaisants. Les salariés rapportent des difficultés sociales qui justifieraient la mise en place d’une aide adaptée. Ils sont préoccupés par leur évolution professionnelle et la retraite. L’approche médicale individuelle et collective du médecin de santé au travail permet une mise en lumière du vécu, de l’usure liée aux pénibilités du travail et des solutions possibles. Dans cette profession, au-delà des actions de prévention, les pistes de réflexion seraient notamment, de favoriser l’évolution vers d’autres métiers et d’offrir une possibilité de départ en retraite anticipée.
Les métiers de ripeurs et de conducteurs dans la collecte d’ordures ménagères sont des métiers pénibles, à risques et en même temps des métiers de service. Leur rôle dans l’environnement est important puisqu’il s’agit de collecte et de traitement de déchets [1, 2, 3, 4, 5]. Ils ont fait l’objet d’une recommandation de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés [6].
A la demande du CHSCT d’une entreprise de collecte d’ordures ménagères, une expertise concernant les postes de mono-ripeurs a été conduite en 2005, par un organisme extérieur agréé. Cette expertise n’explorait pas le ressenti des salariés dans un métier a priori peu valorisant et pourtant indispensable. Par ailleurs, cette entreprise a sollicité les médecins de santé au travail pour mener des actions de santé publique auprès des salariés comme le suggère M. GUILLEMAIN [7].
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