Risque amiante : les professionnels du BTP en première ligne

H. JOLLY Prévention BTP, 2008, n° 106, p. 48-51

Interdit en France depuis 1997, l’amiante reste présent dans de nombreuses constructions anciennes.

Les fibres d’amiante, 400 à 500 fois moins épaisses qu’un cheveu sont invisibles dans les poussières de l’atmosphère et atteignent facilement les alvéoles pulmonaires provoquant de graves maladies respiratoires. 900 000 professionnels du BTP, de l’entretien ou de la maintenance sont potentiellement exposés à l’amiante.

5 649 maladies professionnelles liées à l’amiante ont été reconnues en 2004 tous secteurs confondus et environ 30 % concernent le BTP. Aujourd’hui, ce sont les salariés de la section 3 (ceux qui font de la rénovation et de l’entretien sur les matériaux pouvant contenir de l’amiante) qui sont les plus exposés, car ils sont moins sensibilisés au danger et à la manière de le maîtriser. Les maladies de l’amiante consistent en asbestose (fibrose du poumon conduisant à une insuffisance respiratoire, voire à une insuffisance cardiaque), plaques pleurales (fibroses localisées susceptibles de se calcifier, affections bénignes constituant un véritable marqueur de l’exposition), cancer bronchopulmonaire (de mauvais pronostic avec 13 % de survie à 5 ans), mésothéliome de la plèvre, de pronostic très mauvais, et exceptionnellement mésothéliome du péritoine et du péricarde. La prévention passe par la consultation du dossier technique amiante (que tout propriétaire d’immeuble bâti a dû faire exécuter) et du rapport de repérage amiante avant travaux. Les modes opératoires doivent faire suite à l’évaluation des risques. La prévention collective est la priorité (humidification du matériau, utilisation d’outils à main ou à vitesse lente, captation des poussières à la source, aspiration des poussières, traitement des déchets aimantés). La protection individuelle impose combinaison jetable, gants et masque (soit masque jetable FFP3, soit masque à ventilation assistée, soit appareil respiratoire à adduction d’air).

(publié le 5 février 2009)