Marc Delanoe (Albi) était chargé de faire la synthèse des communications portant sur le risque routier. Il a rappelé en introduction qu’un tiers des accidents de la circulation est dû à un défaut d’attention qui n’est pas forcément consécutif à un trouble de la vigilance. En effet, la vigilance est un état physiologique d’activation du système nerveux central (dont l’opposé est la somnolence), alors que l’attention est liée à des fonctions cognitives cérébrales supérieures qui génèrent un contrôle cognitif.
Somnolence et défaut d’attention peuvent tous les deux être responsables d’accidents routiers.
La notion de défaut d’attention au volant regroupe différentes situations :
- la réalisation de deux tâches concurrentes qui crée une interférence ;
- la réorientation transitoire de l’attention vers un autre objet ou événement qui crée une distraction ;
- une orientation de l’attention vers des réflexions ou pensées personnelles qui crée l’inattention ;
- une difficulté à orienter efficacement l’attention vers des éléments pertinents pour la conduite. Il existe des facteurs de risque de somnolence bien identifiés ; ce sont :
- les insomnies,
- les apnées du sommeil,
- les dettes de sommeil,
- les perturbations du rythme du sommeil (travail de nuit),
- la narcolepsie ou la cataplexie
- et surtout la prise de médicaments.
Le médecin du travail peut évaluer le risque de somnolences et de défauts d’attention chez un salarié par différents moyens : interrogatoire précis (ou autoquestionnaire), agenda du sommeil, étude du sommeil en centre spécialisé, test du maintien de l’éveil.
Il est utile d’interroger le salarié sur les « presqu’accidents » (avertissement du franchissement des limites de la file de conduite par des bandes vibrantes placées sur la chaussée).
Parmi les perspectives proposées par Marc Delanoë (MSA, Midi-Pyrénées Nord), citons : le développement de collaborations avec les centres du sommeil, la formation des médecins du travail sur ce risque, la communication sur les enjeux d’un défaut de vigilance et d’attention sur la route, les actions de sensibilisation/prévention à mener par le médecin du travail et le développement de technologies adaptatives.
Des méthodes d’évaluation en temps réel des défauts d’attention sont à l’étude afin d’élaborer des techniques de supervision du conducteur. Ces recherches sont complexes et nécessitent des approches pluridisciplinaires qui doivent être encouragées.
RSS