Le médecin du travail est souvent sollicité pour statuer sur l’aptitude d’une femme enceinte à être maintenue à son poste de travail, et ce parfois dans l’urgence.
Du fait qu’il n’existe pas toujours de réglementation face à un risque identifié, la décision s’avère souvent délicate et subjective.
Cet article propose des outils pour aider le médecin dans sa décision d’aptitude.
Avant tout, il faut évaluer les risques et le mieux est de le faire par anticipation si l’entreprise emploie des femmes en âge de procréer ; les préconisations d’adaptation du poste, voire d’éviction pourront alors être rapidement suivies.
Le médecin du travail doit systématiquement informer des risques, les salariées et peut s’appuyer pour ce faire sur une plaquette d’information. Il est important que la salariée déclare sa grossesse rapidement à son employeur et l’idéal serait qu’elle informe le médecin du travail dès qu’elle forme le projet de grossesse.
En ce qui concerne le risque biologique, le médecin du travail va rechercher l’état d’immunité de la salariée avant affectation au poste et proposer si nécessaire une vaccination idéalement avant la grossesse. Prudence car si certaines vaccinations sont possibles pendant la grossesse, d’autres sont déconseillées et d’autres encore contre-indiquées. Mais Il n’existe pas toujours de vaccin et le médecin du travail rappellera la nécessité d’une hygiène rigoureuse.
Relativement aux rayonnements ionisants, une femme enceinte peut être maintenue à son poste dans la mesure où les dosimétries n’ont pas démontré de dépassement de la dose de 1 mSv.
Concernant le risque vibratoire, il est souvent difficile de mesurer objectivement l’exposition mais le médecin pourra se référer à un tableau d’ordre de grandeur de vibrations à différents postes de travail.
Pour le travail de nuit, la décision sera prise au cas par cas en tenant compte du ressenti de la salariée.
En ce qui concerne les postures, il faudra recommander de limiter le travail debout statique et de favoriser des pauses.
La manutention régulière sera limitée à 5 kg et la manutention occasionnelle à 10 kg au cours du 3e trimestre de grossesse mais après le 7e mois, toute manutention paraît déraisonnable.
"Toutes les informations concernant les exposition professionnelles et le déroulement de la grossesse doivent être consignées dans le dossier médical".
(publié le 22 novembre 2011)
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