Dans le domaine agroalimentaire, les rayonnements
ionisants sont utilisés pour le traitement
de certaines denrées et emballages afin de prolonger
la durée de conservation. La dose moyenne maximale autorisée est définie réglementairement
et varie de 75 Gy (pour l’inhibition
de la germination des oignons, des échalotes
et de l’ail), à 10 000 Gy (pour la
débactérisation des herbes aromatiques, des
épices et des condiments végétaux). Deux techniques
sont utilisées pour délivrer les doses de
rayonnements : les accélérateurs d’électrons
(dans lesquels l’ionisation des produits est créée
par l’impact d’électrons portés à haute énergie à
l’aide d’une tension électrique accélératrice) et
les sources radioactives scellées (où l’ionisation
est produite par des rayons gamma issus du Cobalt
60 ou de Césium 137). La protection des
travailleurs passe par des mesures de prévention,
des mesures de détection et de surveillance et
des mesures de limitation des conséquences.
Ces
mesures de sûreté qui se superposent portent à
la fois sur des dispositifs techniques, une organisation
adaptée des activités et la sensibilisation
permanente des intervenants face au risque encouru.
Il faut à la fois une diversification et une
redondance des barrières afin de mieux garantir
la maîtrise et la gestion des risques. La réglementation
impose également la présence d’une
personne compétente en radioprotection. Des
procédures spécifiques sont mises en place pour
les besoins de maintenance. La prévention porte
aussi sur l’aptitude médicale et professionnelle
du personnel aux postes de travail. En matière
de détection/surveillance, le risque d’exposition
donne lieu à plusieurs mesures de sécurité spécifiques,
portant sur l’ambiance des locaux de travail
(balises de surveillance radiologique et dosimétrie
de zone) et l’exposition des travailleurs
(dosimètres individuels passifs et actifs) afin de
vérifier le respect des limites réglementaires applicables
aux travailleurs. Enfin des mesures de
limitation des conséquences sont prévues au cas
où, malgré toutes les dispositions de prévention
mises en place, une surexposition aux rayonnements
ionisants était suspectée ou constatée. Il
s’agit du « plan d’urgence interne » qui rappelle
les actions à mener pour supprimer les causes de
l’accident et en limiter les conséquences. Il est
testé périodiquement avec le concours de secours
extérieurs.
Il faut aussi envisager les risques indirects pour
les travailleurs, liés aux phénomènes secondaires
accompagnant le traitement par ionisation : la
production d’ozone et la production d’hydrogène.
La prévention repose essentiellement sur
des dispositifs techniques et sur des mesures réalisées
périodiquement.
(publié le 3 décembre 2008)
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