Sécurité des travailleurs dans les irradiateurs industriels de denrées alimentaires

I. MADACI Sécurité et Médecine du Travail. - 2007. - N° 155. - Pages 18-27
Dans le domaine agroalimentaire, les rayonnements ionisants sont utilisés pour le traitement de certaines denrées et emballages afin de prolonger la durée de conservation. La dose moyenne maximale autorisée est définie réglementairement et varie de 75 Gy (pour l’inhibition de la germination des oignons, des échalotes et de l’ail), à 10 000 Gy (pour la débactérisation des herbes aromatiques, des épices et des condiments végétaux). Deux techniques sont utilisées pour délivrer les doses de rayonnements : les accélérateurs d’électrons (dans lesquels l’ionisation des produits est créée par l’impact d’électrons portés à haute énergie à l’aide d’une tension électrique accélératrice) et les sources radioactives scellées (où l’ionisation est produite par des rayons gamma issus du Cobalt 60 ou de Césium 137). La protection des travailleurs passe par des mesures de prévention, des mesures de détection et de surveillance et des mesures de limitation des conséquences. Ces mesures de sûreté qui se superposent portent à la fois sur des dispositifs techniques, une organisation adaptée des activités et la sensibilisation permanente des intervenants face au risque encouru. Il faut à la fois une diversification et une redondance des barrières afin de mieux garantir la maîtrise et la gestion des risques. La réglementation impose également la présence d’une personne compétente en radioprotection. Des procédures spécifiques sont mises en place pour les besoins de maintenance. La prévention porte aussi sur l’aptitude médicale et professionnelle du personnel aux postes de travail. En matière de détection/surveillance, le risque d’exposition donne lieu à plusieurs mesures de sécurité spécifiques, portant sur l’ambiance des locaux de travail (balises de surveillance radiologique et dosimétrie de zone) et l’exposition des travailleurs (dosimètres individuels passifs et actifs) afin de vérifier le respect des limites réglementaires applicables aux travailleurs. Enfin des mesures de limitation des conséquences sont prévues au cas où, malgré toutes les dispositions de prévention mises en place, une surexposition aux rayonnements ionisants était suspectée ou constatée. Il s’agit du « plan d’urgence interne » qui rappelle les actions à mener pour supprimer les causes de l’accident et en limiter les conséquences. Il est testé périodiquement avec le concours de secours extérieurs. Il faut aussi envisager les risques indirects pour les travailleurs, liés aux phénomènes secondaires accompagnant le traitement par ionisation : la production d’ozone et la production d’hydrogène. La prévention repose essentiellement sur des dispositifs techniques et sur des mesures réalisées périodiquement.
(publié le 3 décembre 2008)