Stratégies de prévention des TMS en entreprise

Prevent Focus. - 2008. - N° 4. - Pages 18-22
Le réseau de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail a réalisé entre 2004 et 2007 des interventions auprès d’une vingtaine d’entreprises avec l’objectif de mettre en place une stratégie de prévention durable des TMS. Pour inscrire leur action dans les entreprises, les intervenants ont eu recours à divers modes et outils d’intervention dont le questionnaire centré sur les douleurs TMS qui a permis de récolter des données essentielles sur les plaintes des opérateurs. Les données santé ont été traitées par le service médical de l’entreprise afin de lui redonner une légitimité dans la politique de prévention. Les intervenants sur le terrain ont consigné dans des journaux de bord, les problèmes lors de leurs interventions en entreprise ou de leurs rencontres informelles qu’ils ont essayé de favoriser. Selon les situations, les intervenants ont développé deux stratégies : engager les acteurs et/ou déplacer leur position dans l’organisation. Au terme de leur action, les intervenants ont procédé à une restitution des données par voie orale et par écrit. Les chercheurs en sociologie se sont alors basés sur les informations données par les intervenants. Il apparaît que sur les 18 entreprises accompagnées dans le cadre de leur recherche-action, les effets de l’intervention sont jugés efficaces dans 10 cas, c’est-à-dire que les représentations des acteurs ont évolué vers une meilleure prise en compte de la gestion des TMS, le projet est piloté par un responsable et appuyé par une structure propre à l’entreprise, les actions de prévention sont davantage orientées vers la conception des postes de travail, l’organisation de la production et la mise au point d’indicateurs de santé et d’efficacité. 5 interventions se soldent par un résultat mitigé soit parce que cette problématique n’a pas été jugée prioritaire, soit par absence de pilotage, soit par manque de temps des acteurs, faible mobilisation des responsables ou résultats de questionnaire insuffisants. 3 cas ont été jugés négatifs, c’est-à-dire que l’intervention n’a pas pu aboutir (conflits entre différents partenaires, trop forte mobilité, manque de temps, soumission à des décisions venant du groupe...). En comparant différentes manières de faire, les chercheurs concluent qu’il n’existe pas de méthode universelle et que la démarche doit être adaptée aux besoins et possibilités de l’entreprise.
(publié le 30 janvier 2009)