Le réseau de l’Agence nationale pour l’amélioration
des conditions de travail a réalisé entre
2004 et 2007 des interventions auprès d’une
vingtaine d’entreprises avec l’objectif de mettre
en place une stratégie de prévention durable des
TMS. Pour inscrire leur action dans les entreprises,
les intervenants ont eu recours à divers
modes et outils d’intervention dont le questionnaire
centré sur les douleurs TMS qui a permis
de récolter des données essentielles sur les
plaintes des opérateurs. Les données santé ont
été traitées par le service médical de l’entreprise
afin de lui redonner une légitimité dans la politique
de prévention. Les intervenants sur le terrain
ont consigné dans des journaux de bord, les
problèmes lors de leurs interventions en entreprise
ou de leurs rencontres informelles qu’ils
ont essayé de favoriser. Selon les situations, les
intervenants ont développé deux stratégies : engager
les acteurs et/ou déplacer leur position
dans l’organisation. Au terme de leur action, les
intervenants ont procédé à une restitution des
données par voie orale et par écrit. Les chercheurs
en sociologie se sont alors basés sur les
informations données par les intervenants. Il apparaît
que sur les 18 entreprises accompagnées
dans le cadre de leur recherche-action, les effets
de l’intervention sont jugés efficaces dans
10 cas, c’est-à-dire que les représentations des
acteurs ont évolué vers une meilleure prise en
compte de la gestion des TMS, le projet est piloté
par un responsable et appuyé par une structure
propre à l’entreprise, les actions de prévention
sont davantage orientées vers la conception
des postes de travail, l’organisation de la production
et la mise au point d’indicateurs de
santé et d’efficacité. 5 interventions se soldent
par un résultat mitigé soit parce que cette problématique
n’a pas été jugée prioritaire, soit par
absence de pilotage, soit par manque de temps
des acteurs, faible mobilisation des responsables
ou résultats de questionnaire insuffisants. 3 cas
ont été jugés négatifs, c’est-à-dire que l’intervention
n’a pas pu aboutir (conflits entre différents
partenaires, trop forte mobilité, manque de
temps, soumission à des décisions venant du
groupe...). En comparant différentes manières
de faire, les chercheurs concluent qu’il n’existe
pas de méthode universelle et que la démarche
doit être adaptée aux besoins et possibilités de
l’entreprise.
(publié le 30 janvier 2009)
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