En fonction du type de bruit, continu, fluctuant ou impulsionnel, le pouvoir lésionnel est différent.
L’évaluation de l’exposition sonore professionnelle se fait au travers de deux paramètres réglementaires : le niveau d’exposition sonore quotidienne ou L
L’atteinte liée au bruit se manifeste par des lésions mécaniques ou métaboliques.
Les conséquences du bruit sont à la fois auditives (fatigue auditive, pertes auditives permanentes) et extra-auditives (fatigue, stress, troubles du sommeil, hypertension artérielle, rétrécissement du champ visuel périphérique, troubles de l’attention et de la vigilance).
La surdité professionnelle réalise une atteinte cochléaire qui se caractérise par son apparition progressive et insidieuse, sa bilatéralité et son caractère symétrique ou relativement symétrique, sa prédominance sur les fréquences aiguës et son caractère irréversible.
L’audiométrie haute fréquence (10-18 kHz) aurait une valeur d’indicateur précoce de surdité liée au bruit et présenterait une fiabilité supérieure à celle de l’audiométrie conventionnelle sur 4 kHz, spécialement chez les sujets jeunes.
On distingue classiquement quatre stades de gravité croissante : stade 1 ou surdité latente, stade 2 ou surdité débutante, stade 3 ou surdité confirmée, stade 4 ou surdité sévère.
Si le risque de surdité professionnelle augmente globalement avec le nombre d’années d’exposition, la nocivité du bruit sur l’audition apparaît déjà dans les premières années d’exposition, tandis que d’autres paramètres entrent en ligne de compte : l’âge, le non-port de protections auditives, l’exposition à des agents ototoxiques (solvants aromatiques, ou chlorés, monoxyde de carbone et acide cyanhydrique), mais aussi les facteurs extra-professionnels (activités de loisirs ou de bricolage) et la susceptibilité individuelle.
La surdité professionnelle est reconnue comme maladie professionnelle au titre du tableau n°42 du régime général et du tableau n°46 du régime agricole ou dans le cadre du Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles. La perte auditive moyenne permettant cette reconnaissance doit répondre à deux conditions : elle doit être calculée par la moyenne des déficits sur les fréquences 0, 5, 1, 2 et 4 kHz et doit être d’au moins 35 dB sur la meilleure oreille.
La prévention est avant tout collective : évaluation du risque, réduction du bruit à la source, insonorisation des lieux de travail, signalisation appropriée et aménagement du temps de travail des personnels exposés.
La prévention individuelle s’impose quand les mesures de prévention collective s’avèrent insuffisantes et repose sur une visite médicale recherchant les états de fragilité cochléaire susceptibles d’être aggravés par une exposition au bruit, l’information des personnels exposés, la surveillance auditive et une protection auditive individuelle par bouchons auriculaires, protecteurs munis de coquilles passives, protections actives ou casques intégraux. L’efficacité des protections auditives dépend en grande partie de leur mise en place correcte et de la compliance au port.
La surdité professionnelle n’est accessible à aucun traitement curatif. L’éviction du poste bruyant arrête la dégradation cochléaire. En fonction du stade évolutif, le port de prothèses peut être envisagé.
RSS