Syndrome des bâtiments malsains

F. Musarella, E. Maurel Dor, M-P. Lehucher-Michel Encyclopédie Médico-Chirurgicale, Elevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, Pathologie professionnelle de l’environnement, 16-778-A-10, 8 pages. Bibliographie.
Le syndrome des bâtiments malsains (SBM) est un ensemble de symptômes non spécifiques isolés ou associés tels que céphalée, asthénie, malaise, syndrome irritation et / ou trouble de la concentration survenant chez des personnes occupant un même bâtiment. Ces symptômes apparaissent durant la journée de travail et disparaissent ou diminuent spontanément après l’arrêt de travail.
On retient le diagnostic de SBM après avoir éliminé une maladie liée au bâtiment due à un agent causal identifié (maladies infectieuses, pathologies immuno allergologiques) mais ces maladies présentent des signes cliniques et biologiques.
Il existe des syndromes apparentés, c’est à dire des syndromes pouvant avoir des symptômes communs avec le SBM : le syndrome d’intolérance aux odeurs chimiques ou hypersensibilité aux produits chimiques, le syndrome d’hypersensibilité aux ondes magnétiques, le syndrome de la Guerre du Golfe ou le syndrome de fatigue chronique.
Son origine est multifactorielle et son expression polymorphe. Aucune théorie psychopathologique n’a été retenue.
Les facteurs déclenchants sont environnementaux : facteurs physiques (tels que température supérieure à 22°C, hygrométrie inférieure à 30% et supérieure à 65%, ventilation ne permettant pas un renouvellement d’air supérieur à 10 l/seconde, dysfonctionnement des dispositifs de climatisation, variations de luminosité des locaux), facteurs chimiques (composés organiques volatils, ozone, tabagisme, monoxyde de carbone et dioxyde de carbone), facteurs microbiologiques.
Les facteurs prédisposants sont des facteurs personnels : sexe féminin et des facteurs psychosociaux et organisationnels (stress, non possibilité de contrôle sur l’environnement, faible niveau social, travail passif, faible support social).
Un facteur d’amplification est le syndrome psychogène (propagation de personne à personne entretenue par l’effet des secours et des médias).
Le médecin du travail a un rôle à jouer pendant la crise : interrogatoire, examen clinique et prise en charge individuelle des cas sachant que les symptômes de SBM ne nécessitent aucun traitement médicamenteux et qu’ils sont résolutifs spontanément. Un soutien psychologique est néanmoins indispensable pour rassurer l’individu. La prise en charge requiert de faire accepter aux victimes la part non rationnelle de ce syndrome.
Le médecin procède ensuite à une étude des contions de travail et à des investigations complémentaires à propos de la ventilation, de la poussière, de la climatisation, des appareils de combustion, d’une éventuelle exposition aux composés organiques volatils ou à une contamination de l’eau.
A distance de la crise, le médecin du travail conduit une enquête rétrospective et organise ensuite une communication sur les résultats obtenus et les moyens de prévention retenus.
Face aux médias, le médecin du travail devrait être le seul interlocuteur afin de limiter la propagation du sentiment de peur, notamment par la divulgation d’informations inexactes.
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(publié le 22 mars 2011)