Utilisation du téléphone mobile et tumeurs cérébrales dans l’étude cas-témoin CERENAT
Mobile phone use and brain tumours in the CERENAT case-control study

G. Coureau, G. Bouvier, P. Lebailly, P. Fabbro-Peray, A. Gruber, K. Leffondre, J.S. Guillamo, H. Loiseau, S. Mathoulin-Pélissier, R. Salamon, I. Baldi Occupational and Environmental Medicine, 2014, vol 71, n°7, pages 514-522. Bibliographie.

L’effet cancérogène des radio-fréquences électromagnétiques chez l’homme reste controversé. Cependant, il a été suggéré qu’elles puissent être impliquées dans l’étiologie de certains types de tumeurs cérébrales.

L’objectif de cette étude française est d’analyser l’association entre l’exposition au téléphone mobile et les tumeurs du système nerveux central (gliomes et méningiomes) chez les adultes. CERENAT est une étude cas-témoins multicentrique dans 4 sites en France entre 2004 et 2006. Les données sur l’utilisation du téléphone mobile ont été recueillies par un questionnaire fait en face à face. Une régression logistique conditionnelle pour des ensembles assortis a été utilisée pour estimer les OR ajustés et les IC à 95 %.

Un total de 253 gliomes, 194 méningiomes et 892 témoins appariés choisis dans les listes électorales locales ont été analysés. Aucune association avec des tumeurs cérébrales n’a été observée lorsque l’on compare les utilisateurs réguliers de téléphone mobile avec des non-utilisateurs (OR = 1,24 ; IC 95 % de 0,86 à 1,77 pour les gliomes ; OR = 0,90 ; IC 95 % de 0,61 à 1,34 pour les méningiomes). Cependant, l’association positive était statistiquement significative chez les plus gros utilisateurs en considérant une longue durée d’exposition cumulée (≥ 896 h ; OR = 2,89 ; IC 95 % de 1,41 à 5,93 pour les gliomes ; OR = 2,57 ; IC 95 % de 1,02 à 6,44 pour les méningiomes), et le nombre d’appels pour le gliome (> 18 360 appels ; OR = 2,10 ; IC 95 % de 1,03 à 4,31). Les risques étaient plus élevés pour les gliomes, les tumeurs temporales, l’utilisation du mobile en milieu urbain et en milieu professionnel.

Les données supplémentaires appuient les conclusions précédentes concernant une association possible entre une utilisation intensive de téléphone mobile et les tumeurs cérébrales.

(publié le 2 octobre 2014)