La violence physique au travail (bagarres,
franches insultes) est rare car elle est rapidement
sanctionnée. Aujourd’hui, les agressions sont
plus sournoises et insidieuses. On blesse avec
des mots : la courtoisie s’évapore, les incivilités
se multiplient, les dérapages verbaux sont fréquents.
Autrefois, les choses se disaient en face :
aujourd’hui, la communication se déshumanise.
Prévention, régulation, médiation semblent totalement
absentes. Difficile de sortir du silence
quand on craint pour son emploi ! En découle
un fort sentiment d’isolement. Les salariés se
tournent vers des formes de ripostes individuelles.
Les objets deviennent des exécutoires
(on casse son outil de travail ou celui d’autrui).
La violence que la société ne veut pas gérer se
retrouve dans la vie privée. Exaspération et fatigue
se manifestent sous la forme de comportements
pathogènes et à terme de maladie physique
et mentale ; la forme la plus dramatique
de ce retournement de la violence contre soi est
évidemment le suicide.
(publié le 23 septembre 2008)
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