Workaholisme : état des connaissances

T. Burcoveanu Références en Santé au Travail, 20104, n°139, pp.143-151. Bibliographie

Il n’existe pas de définition du workaholisme mais le terme "workaholic" "se réfère aux personnes dont le besoin de travailler est devenu si fort qu’il pourrait constituer un danger pour leur santé, pour leur bien-être personnel, ainsi que pour les relations interpersonnelles".
La triade du workaholisme regroupe trois critères : l’implication dans le travail, la contrainte de travailler, la satisfaction du travail.

Il existe des facteurs de risque

  • des facteurs environnementaux dont le climat organisationnel (notamment une incitation à effectuer des heures supplémentaires), les contraintes liées à l’utilisation des TIC,
  • des facteurs individuels : impulsivité, fait d’être extraverti, appartenir à la personnalité de type A (hyperactivité, impatience, énervement facile, surinvestissement professionnel).

Le workaholisme a des conséquences

  • sur la santé des salariés : plaintes somatiques (douleurs musculaires, troubles intestinaux), anxiété, insomnie, dysfonctionnement social, dépression, tabagisme, augmentation de la consommation d’alcool, prise de poids mais c’est aussi un facteur de risque important pour le burnout ;
  • sur la famille en raison d’une perte d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ;
  • sur le milieu professionnel car le perfectionnisme crée des difficultés pour le salarié lui-même et son entourage professionnel et il n’est pas démontré que les workaholistes soient productifs au travail.

Les personnes les plus concernées sont les cadres, les agents commerciaux et les chefs d’agence.
Le workaholisme présente les caractères d’une addiction comportementale.

Le risque de workaholisme peut être évalué au travers d’outils :

  • le WART (Work addiction risk test) qui évalue 5 dimensions : les tendances compulsives, le contrôle, le manque de communication, l’incapacité de délégation et l’amour propre ;
  • le workBAT (Workaholism battery) qui étudie 3 dimensions : l’implication dans le travail, la contrainte et la satisfaction au travail,
  • le DUWAS, échelle dérivée des deux outils précédents, qui explore le travail excessif et le travail compulsif.

La prise en charge du workaholisme est tardive (en raison du déni du problème existant) et nécessite une action pluridisciplinaire. Le principal traitement repose sur une approche psychothérapeutique de type cognitivo-comportementale qui apprendra le salarié à résister à la compulsion. Des thérapies de groupe ou des groupes de paroles tels que les Work Anonymes, ne sont pas à négliger.

(publié le 22 décembre 2014)