Les objectifs de cette enquête hollandaise étaient de déterminer s’il existe des différences selon le sexe dans l’effet de l’exposition professionnelle à des facteurs de risque physiques et psychosociaux sur les symptômes lombaires, du cou, de l’épaule ou du bras et de la main et les arrêts maladie qui en découlent.
Les données d’une enquête prospective de cohorte (enquête sur les troubles musculo-squelettiques, l’absentéisme, le stress et la santé) avec une période de suivi de trois ans ont été utilisées. L’exposition aux facteurs de risque et les symptômes musculosquelettiques ont été évalués à l’aide de questionnaires. Les arrêts maladie ont été enregistrés en continu. Les ratios genre féminin sur masculin (RG) ont été calculés pour déterminer dans quelle mesure il y avait des différences dans les effets. Une valeur de RG supérieure à 1,33 ou inférieure à 0,75 a été considérée comme significative.
A part le fait de fléchir en arrière le poignet et le cou (RG 1,52 à 2,55), les hommes avaient généralement un risque plus élevé de symptômes (RG allant de 0,50 à 0,68) pour une exposition équivalente. Pour l’arrêt maladie, un RG supérieur à 1,33 a été trouvé pour la torsion du haut du corps, les postures inconfortables de travail, la torsion du poignet, le fait de pencher le cou en arrière et le soutien des collègues et de la hiérarchie (RG allant de 1,66 à 2,63). Pour la conduite de véhicules, les vibrations main-bras, la compression, le travail au-dessus du niveau des épaules ou au-dessous du niveau des genoux, l’extension et la torsion du cou, les demandes professionnelles, l’accès à la formation, la valeur du RG était inférieure à 0,75. Pour la satisfaction au travail, une valeur de RG de 0,50 a été trouvée pour l’arrêt maladie dû à des lombalgies, alors que la valeur de RG était de 1,78 pour les arrêts maladie dûs au cou, à l’épaule ou aux symptômes main-bras.
En conclusion, bien que les femmes soient supposées être plus vulnérables à l’exposition professionnelle aux facteurs de risque, les résultats de cette enquête ont montré que dans de nombreux cas, les hommes étaient plus vulnérables. Cette enquête n’a pas pu expliquer la différence selon le sexe dans les troubles musculosquelettiques chez les travailleurs.
(publié le 17 mars 2010)
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